Band 
Tome premier.
Seite
234
JPEG-Download
 

234 PREMIÈRE PARTIE,

surface des brins: les aspérités s’accrochent aux fibres qui sontà découvert, les irritent, les déchirent, et occasionnent de l’in-flammation*.»

L'existence des aspérités, si ingénieusement démontrée parMonge et constatée par les faits qui précèdent, ainsi que parles images que donnent les instruments, ne peut plus lais-ser aucun doute. Ajoutons que c’est elle qui nécessite la lu-bréfaction des laines dans leur transformation en fils, afinde faciliter leurs glissements successifs, et de neutraliserles frottements et les résistances qu’opposeraient la rugo-sité de la surface des brins. Le graissage des ldines avantde les soumettre aux machines à, par conséquent, un butanalogue à celui pratiqué pour les corps tournants, les axeset tourillons des machines, et encore à celui de l’huile sur lachevelure pour lui imprimer les directions les plus convo-nables. Cette lubréfaction a de plus l’avantage de protéger lesaspérités transversales des brins, mises à profit dans les trans=formations ultérieures, contre l’action des aiguilles de la cardequi, par leur frottement, feraient ressembler la laine neuve auxbrins des déchets provenant de chiffons, et dans lesquelles les

aspérités et une partie des propriétés feutrantes*, ont en g

î

néral disparu.

! Observation sur le mécanisme du feutrage, par M. Monge. Annales dechimie, t. VI, année 1790.

* Nous croyons devoir faire remarquer ici que, pour nous assurer del'exactitude des formes des poils, que nous donnons planche I, nous lesavons successivement examinés, à des grossissements et dans des milieuxdifférents: dans l’eau, le baume du Canada, et l'huile, au microscope or-dinaire et au microscope solaire; une partie de ces formes ont, d’ailleurs,été photographiées par M. Lackerbauier, qui a eu l'obligeance de nous as-sister toutes les fois que nous éprouvions un embarras ou un doute.Malgré toutes ces précautions, nous pouvons affirmer qu’il nous a été im-“possible de constater un système de spires vésiculaires, parfois simple,parfois multiple, qui ferait voir les poils sous la forme d’une colonne can-helée enfilée dans un cylindre vertical, comme cela a été avancé par un