294 PREMIÈRE PARTIE,
À faciliter l'action et les fonctions des organes;
À garantir, en un mot, des actions débilitantes ou perturba-trices des agents extérieurs.
Influence mécanique des laïnages.— Les étoffes de laine sontles seules qui, appliquées directement sur les corps, y produisentune action particulière, une légère excitation, connue sous lenom de titillation, provenant de la forme rugueuse des brinsélémentaires. L'effet est d’autant plus sensible qu’il y a moinsd'humidité en présence. Il produit d’une manière continue uneespèce de friction recommandée dans une foule de circon-stances pour maintenir les fonctions normales de la peau. Ceteffet est plus ou moins prononcé; il peut varier avec les carac-tères du tissu, la constitution de l’individu, les climats et l’étatde pureté ou de propreté du vêtement. Il est plus sensible,toutes choses égales d’ailleurs, dans les pays chauds que dansles climats froids. Dans les premiers surtout, il peut déterminerdes affections cutanées; aussi ces sortes de vêtements directsétaient-ils défendus aux prêtres hébreux, qui devaient être aussisains de corps que purs de mœurs. C’est également par lemême motif que l'application des tissus de laine ne peut êtrefaite directement dans les maladies de la peau.
Propriété hygrométrique.— Mais les lainages de corps sontsurtout en usage et efficaces, à cause de leur propriété hygro-métrique et des conséquences physiques de ce caractère, et del’élasticité particulière des brins. Le tissu spécial, la flanelledont on recouvre la peau, lui constitue une espèce d’écran po-reux isolant, qui a une grande affinité pour l’eau, l’humidité etla vapeur; il absorbe par conséquent l’éväporation du corpsqu’il enveloppe, à mesure qu’elles se produisent par la transpi-ration, Or, le passage de l’eau à l’état gazeux ou l’évaporationoccasionne un certain refroidissement; son retour à l’état hy-grométrique détermine, au contraire, une élévation de tempé-rature. Il en résulte un équilibre qui constitue un des mérites