TROISIÈME PARTIE,
S2,— Métier automatique à navettes multiples.
La plupart des articles de fantaisie ou nouveautés dans leslainages sont réalisés par l’entrelacement d’une série de duitesde couleurs diverses. Dans le travail à là main, le tisserandchasse successivement les navettes garnies de canettes de cou-leurs différentes dans l’ordre réclamé par le dessin. Ce travail,exigeant une attention soutenue, est payé plus cher que celuidu tissage lisse. Dans le métier automatique, ce sont les trans-missions mécaniques qui présentent, à chaque coup, à l’actiondu taquet, la navette voulue pour réaliser l’effet exigé. On àimaginé divers systèmes de boîtes à navettes multiples. Ilspeuvent en général se résumer en deux classes au point de vuedes principes: celle comprenant les appareils à mouvement derotation, et celle à mouvements rectilignes alternatifs. La ro-tation d’une boîte cylindrique, représentant une espèce de lan-terne circulaire divisée en un plus ou moins grand nombre decompartiments logeant chacun une navette, caractérise en gé-néral le premier système. A chaque mouvement correspondantà une course, un nouveau compartiment avec sa navette vients'offrir au taquêt, qui la chasse au moment et dans la directionvoulus. Ce genre d'appareil, quoique pratique s’est très-peurépandu. Celui à mouvement de va-et-vient vertical est, au con-traire, généralement employé. Il consiste dans une boîte rectan-gulaire ayant autant de divisions ou de compartiments, qu’il Ya de couleurs nécessaires à un dessin donné. La boîte animéed’une marche ascensionnelle d’une amplitude égale à la hauteur de la division nécessaire à la navette correspondante, reçoit à chaque course de trame une impulsion, et lorsque lenombre des navettes nécessaires à un effet déterminé a foné-tionné, l’appareil redescend dans le même ordre. Il est bien