152 TROISIÈME PARTIE,
Les tranches d’un feutre obtenues par des sections faitesdans son épaisseur offrent une constitution identique, et làcohésion de la pièce d’où ils proviennent; c’est une substanceductile formée de fibrilles vrillées ou frisées, tellement con-densées, liées et unies entre elles, qu’elles rompent plutôt quede se désagréger. Cette incorporation intime des parties élémen-taires pour former un tout, se réalise même pour les parcellesde laine les plus fines, des poudres ou tontisse animale fouléeavec un tissu y adhérant complétement. Cependant, lorsqu'ona incorporé dans le feutre quelques-unes des substances autresqué de la laine ou des poils, telles que des fragments de soie,certains duvets végétaux dont il a été question dans notrêTraité du Coton, on arrive à les séparer des matières feutrantes-Il est beaucoup plus facile de désagréger et de compter les filsde l’étoffe la plus résistante et la plus solide non feutrée, qued’effilocher un feutre pur formé seulement par l’agrégationdes brins. La ténacité relative des deux produits est égalementen faveur du feutre pour un même poids de substance.
Les feutres résultant d’une même quantité de filaments@produits dans des conditions identiques sont plus serrés, pluclos,plus compactes et plus tenaces, mais moinsflexibles et moinsélastiques, lorsqu’ils sont faits avec des poils qu’avec de l#laine. La surface serait moins rigide encore, plus souple€plus élastique, si les brins avaient été filés et tissés avant d’avoirsubi l’action du feutrage et du foulage.
Le retrait ou changement de volume de la matière résultantdu feutrage, toutes choses égales d’ailleurs, est en raison de Jafinesse et de la feutrabilité des brins; il est, en général, plugrand pour les poils que pour les laines, et plus considérablepour les matières feutrantes pures, que lorsqu’elles sont mé-langées à certains filaments végétaux ou même à de la soieEmployés seuls, ces derniers ne pourraient constituer un foutre,mais seulement une pâte cassante et friable, sans flexibilité”