APPRÊTS DES TISSUS. 373
moins humide, et que celle-ci est séchée avant de subir le ton-dage. De là, le nom de lainage en première, en deuxième outroisième eau, etc, suivant la période du travail. Le premiergarnissage, ou lainage en première eau, est parfois aussi dé-signé sous le nom de lainage en hairement ou harment*.Les opérations suivantes des lainages en deuxième eau sontquelquefois désignées sous le nom de lainage en demi-laine.Et à partir de la troisième eau, ils sont considérés commedes lainages en apprêts proprement dits. Enfin, le gitage estun chardonnage, pratiqué sur certains articles avec du chardonpresque usé, pour produire plutôt un peignage ou lissage pourdémêler, ranger et régulariser le duvet formé que pour pro-duire un tirage à poil.
Le passage de la pièce entière sur la machine à lainer, con-stitue une voie, un trait ou une avalée. Le premier terme estle plus généralement adopté aujourd’hui, les deux derniers sontplus anciens et plus spécialement appliqués au travail à la main,Un changement, indiquant qu’on a retourné ou changé le char-don, correspond en général à 20 voies.
Une coupe est, par rapport au tondage, ce qu’une voie est aulainage, et correspond par conséquent à un seul rasage oupassage de la pièce entière sous l'organe tondeur.
Le nombre des eaux et des tondages correspondants, avons-nous dit(chap. XX), varie avec les articles; il est en généralplus grand pour la draperie lisse que pour les nouveautés,pour les étoffes épaisses que pour les légères. Nous ajoutonsque, pour un même article, le nombre des voies et des coupesaugmente en général avec la période des apprêts, par consé-quent de la première à la dernière eau. Le gitage ne suit pas
* Ce terme vient sans doute du mot haire, qui désigne un tissu brut enCrin ou poil de chèvre, appliqué parfois sur la chair par esprit de mortifi-cation et de pénitence. Son étymologie vient de l’allemand Haur, cheveuxou poil.