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EXTÉRIEUR.

« En rentrant du cabaret où, bien entendu, se conclut tout bonmarché, Pierre tient à Paul un langage se rapprochant du sui-vant : « Décidément, vous êtes un trop brave homme; ma cons-cience me reprocherait de vous tromper: le cheval est aveugle;mais j’en ai là un autre qui fera admirablement votre affaire etque je vous donnerai en toute confiance, en ami, et au mêmeprix. >; Il va sans dire que le cheval proposé est une vieille rosse de laplus belle eau ; mais le malheureux Paul préfère encore cette tran-saction.

« Pour le cheval trachéotomisé, Pierre, au moment de la livraison,lève la grelottière et montre à Paul étonné l’oritice artificiel que portel’animal au cou. Parfois facétieux, il dit au malheureux Paul: « Vousaurez là un bon cheval ; mais il vous faudra lui donner à manger parcette ouverture avec une cuillère. » Paul effrayé préfère perdre les 50ou 100 fr. d’arrhes qu’il a déjà versés, ou bien il accepte un autremauvais cheval placé à côté du premier et toujours prêt pour la cir-constauce.

« 4° Enfin, une autre manœuvre se pratique tout aussi couram-ment que les précédentes :

« Au moment delà livraison d’un cheval, un compère s’approche del’acquéreur en évitant soigneusement, en apparence, d’être remarquédu vendeur ou de ses acolytes : « Monsieur, dit-il à Paul, j’aurais vouluvous avertir plus tôt; malheureusement, je n’ai pu le faire: ces co-quins vous ont vendu un cheval rétif, dangereux, qui vous tuera, vouset les vôtres.

« Inutile d’ajouter que Paul prend peur, abandonne un bon chevalet se fait enrosser par un mauvais cheval que Pierre lui échange.

« En général, le maquignon opère à peu près en toute sûreté. 11amène à chaque marché un cheval appelé maître il école. Ce chevaldoux, bien fait, est offert à un prix pou élevé, et le marché très viteconclu au cabaret. Lorsqu’il s’agit de livrer, le maquignon, aidé decompères, trouve toujours un moyeu quelconque d’éluder la livraison.11 annonce alors le vice réel ou le plus souvent imaginaire do l’animal,offre de garder celui-ci et donne en échange un cheval vieux, plus oumoins usé, une rosse toujours tenue en réserve pour les besoins dela cause.

« Pour le cheval dit maître d’école , il est amené à chaque marché

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