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DU CHEVAL EN VENTE- 261

et vendu un nombre indéfini de fois. 11 est la cheville ouvrière du

maquignon, son gagne-pain (1).

« Souvent encore, au moment de rédiger le billet de garantie, levendeur, doublé d’un compère qu’il a présenté comme son associé,feint un mal au bras ou à la main et prie ledit associé d’écrire et designer le billet. Plus tard, si l’acheteur veut faire usage de cette pièce,le vendeur dit qu’il n’a jamais eu d’associé. Le nom de l’associé est,du reste, faux, et ce dernier absolument introuvable (2). »

Eii ce qui concerne les procédés déloyaux mis en pratique par lesmaquignons pour empêcher les acheteurs d’exercer leurs droits dansles cas de vices rédhibitoires reconnus, ils sont non moins nombreux etnon moins à craindre. Citons-en un au hasard, que nous empruntonsà M. II. Bouley :

« ... Le 10 novembre dernier, M. M... a vendu à Journet uncheval, pour la valeur de 900 fr.

« M. Journet ayant fait visiter le cheval par M. Cabaret, médecin-vétérinaire demeurant boulevard Masséna, n° 9, qui le reconnut et lecertifia atteint de la pousse, le fit reconduire chez M. M..., par le sieurPlan rot, son charretier, le 10 novembre... M. M... (qui savait que lecheval devait être conduit à l’École d’Àlfort s’il refusait de lereprendre) ne fit montre d’aucun refus, ni d’aucune protestation contrele fait sur lequel était basée la restitution dudit cheval; il se contentade dire à Plaurot qu’il devait le conduire dans l’auberge à côté, où il

l’accompagna. et Plaurot s’en alla avec la conviction que tout

s’était arrangé de la manière la plus simple et la plus amiable,pusique, dans sa pensée, M. M... s’était livré du cheval, qu’il lui avait

rendu, sans aucune discussion.

«Cependant, cette affaire n’était pas terminée comme M. Journet lepensait, car le 24 novembre, c’est-à-dire après l'expiration de lagarantie , il recevait une assignation à comparaître le mardi suivant,devant le tribunal, pour s’entendre condamner: « A payer à M. M...fils, la somme de 900 fr. pour le prix d’un cheval à lui vendu et livré,depuis temps de droit, ainsi qu’il devait en être justifié.... (3). »

(1) Communication de M. A. Laquerrière, vétérinaire sanitaire du département de laSeine.

(2) Communication de M. ltecordon, vétérinaire à Corbeil (Seine-et-Oise).

(3) Extrait d’un rapport deM. II. Bouley à MM. les présidents et juges composant letribunal de commerce de la Seine (16 décembre 1871).