TÊTE.
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sions semblables à celles que nous recevons parles nôtres; ils conser-vent comme nous la trace de ces impressions; ces impressions conser-vées forment, pour eux comme pour nous, des associations nombreuseset variées; ils les combinent, ils en tirent des rapports, ils en déduisentdes jugements, ils ont donc de l’intelligence (1). »
Mais, d’après M. Félix Ilément, l’intelligence est pour ainsi dire sansinitiative; elle ne paraît capable d’activité que sous notre impulsion.
De tous les animaux auxquels on peut accorder une certaine dosed’intelligence, le chien doit certainement être placé en première ligne;nul n’ignore, en effet, combien sa mémoire et sa fidélité sont grandes ;nul n’ignore avec quelle facilité il nous comprend, avec quelle sincé-rité il nous aime, avec quel empressement, enfin, il nous défend!
Le cheval est encore bien partagé sous le rapport de l’intelligence;cependant, il est évident que chez lui cette faculté est beaucoup moinsdéveloppée que chez le chien.
Selon M. Dément, « le cheval possède des sens très développésplutôt que de l’intelligence : son odorat, son ouïe et sa vue sont d’unesensibilité très vive. Il est, toutefois, susceptible d’éducation et capabled’attachement, de reconnaissance et de rancune, ce qui est un signed’intelligence (2). »
Quoi qu’il en soit, le cheval est un des animaux domestiques les plusintelligents. Son cerveau est capable, comme le nôtre, de conserverdes idées qui, à un moment donné, deviennent le mobile de ses actions.Aussi, est-il doué d’une mémoire excellente et garde-t-il parfaitementle souvenir des choses et des lieux: celui que son maître maltraited’habitude dresse les oreilles et s’agite toutes les fois que quelqu’unentre dans l’écurie, parce qu’il se souvient des coups qu’il a reçus, etqu’il craint d’en recevoir encore.
M. II. Bouley, alors qu’il était professeur à Alfort, a vu un cheval quiavait subi une opération à l’Ecole reconnaître de loin, au bout d’uneannée, l’endroit où il avait souffert, et refuser absolument d’en approcher.
Nous avons observé nous-môme un exemple de mémoire qui mé-rite d’être rapporté.
C’était pendant l’hiver de 1870-1871, quelque temps après l’occu-paliou parles Prussiens de la petite ville que nous habitions dans l’Oise.
(1) Flourens, De l’Instinct et de l’Intelligence, p. 49.
(2) Félix Hément, loc. cit., p. 182.