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D’ailleurs, « tous les cavaliers ayant fait campagne, dit Vallon,savent que certains chevaux, après avoir quitté leur campement, yreviennent, reconnaissent même leur place clans l’escadron auquel ilsappartiennent (1). »

Dans les régiments, nous avons souvent vu des chevaux qui, ayantsubi une opération chirurgicale, reconnaissaient de loin les vétéri-naires, se cabraient, ruaient à leur approche, et cherchaient à fuir.

Parmi les mille autres exemples de l’intelligence du cheval qu’il nousserait facile de relater, sigualons encore le suivant, que nous trouvonsdans un vieux numéro du Farmer's Magazine, revue agricole très estiméeen Angleterre, et qui montre bien que « dans le cerveau des bêtes, desidées s’associent absolument comme dans celui de l’homme et donnentlieu à des voûtions très réfléchies (2) ». M. Allen (?) avait élevé deuxpetits chevaux qu’il n’avait jamais séparés ; à l’écurie, au vert, cà la voi-lure, ils avaient toujours été côte à côte, de sorte qu’il en était résultéle plus vif attachement de ces deux animaux l’un pour l’autre. Or, l’und’eux étant un jour tombé à l’eau, son compagnon, en l’absence de toutsecours, vint non seulement avertir M. Allen, par ses hennissementsexpressifs, qu’un fait inaccoutumé se passait, mais il le conduisit direc-tement à l’endroit où l’accident avait eu lieu, et sa joie ne connut plusde bornes lorsqu’il vit le noyé hors de danger sur la terre ferme.

Chez le cheval comme chez l’homme, l'intelligence présente desdifférences individuelles très grandes ; c’est ainsi que cette facultéexiste à son plus haut degré chez les chevaux arabes et barbes.

L 'intelligence varie également suivant l'âge : « Les animaux jeunes,commele remarque Dugès, l’ont plus sûre que les vieux. Cette particu-larité, commune à l’homme et à la brute, doit être prise en grandeconsidération au point de vue de l’éducation des animaux; elle nousindique qu’il faut les prendre dès le jeune âge si l’on veut leur donnerde bonnes habitudes, les pliera certains services et les façonner rapi-dement aux exercices qu’on peut en espérer (3). »

L’intelligence est, d’ailleurs, une faculté éminemment perfectible ,que l’on peut augmenter par la domesticité et le dressage.

4° Du caractère et des passions. — Comme l’instinct, le

(1) Vallon, loc. cit., p. 124.

(2) H. Bouîev, loc. cit., p. 47.

(3) G. Colin, Inc. cit., p. 230.