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RAGES CHEVALINES.

mitif et en lui assignant l’Arabie Heureuse comme centre d’origine, ons’est sensiblement éloigné de la vérité, puisque cette contrée ne le reçutqu’environ 180 siècles après qu’il était déjà domestiqué au plateaucentral de l’Asie.

Il ne faut pas en conclure, toutefois, que partout, excepté chez lesAryas et les Touraniens, le cheval était absent avant la date à laquelleil a été utilisé; car, alors, on serait obligé d’admettre que tous leschevaux qui peuplent actuellement le globe ne sont que les descendantsdes chevaux asiatiques, transportés sur toute la terre parles migrationsdes Touraniens et des Aryas, ce qui nous paraît rien moins que démontré.

La vérité est, d’après M. Piètrement, qu’au - delà de son centred’irradiation, la population chevaline asiatique s’est implantée de toutespièces dans certaines contrées initialement dépourvues de chevaux,tandis qu’en différents endroits elle a tout simplement exercé uneinfluence plus ou moins considérable sur les races équestres qu’elle apu rencontrer lors de son arrivée.

En ce qui concerne l’Europe occidentale, par exemple, où l’utilisationdu cheval domestique parait avoir été synchronique de celle du bronze,il est bien démontré que les Aryas y introduisirent le cheval et le bronzedès une époque très ancienne; mais rien ne prouve qu’ils n’y ont pasdès lors trouvé ce métal et cet animal déjà en usage chez les peupladesqui les y avaient précédés; rien ne prouve, enfin, qu’ils n’ont pas domptéet croisé avec leurs chevaux asiatiques ceux qui étaient naturels àl’Europe et qui paraissent n’avoir jamais cessé de l’habiter depuis l’âgedu grand ours des cavernes.

Nous disons « qui paraissent », car on ne connaît absolument riende l’histoire des races chevalines européennes dans la haute antiquité,ces races habitant des contrées dont la civilisation est relativementrécente, et qui sont dépourvues de très anciens documents historiqueset archéologiques.

Dans l’état actuel de nos connaissances, il n’est pas possible de re-construire l’histoire des premiers âges du cheval domestique en Europeau-delà des Proto-Grecs.

Or, il paraît certain que ceux-ci n’ont pas trouvé de chevaux quandils vinrent s’établir en Grèce (1).

(I) La légende de Neptune produisant le cheval du sein des eaux, lors de la fonda-