574
RACES CHEVALINES.
Il nous reste à rechercher quelles sont les races chevalines qui ontou qui paraissent avoir disparu :
Nous avons d’abord la race chevaline quaternaire de Y Amériqueseptentrionale, dont la disparition ne paraît guère douteuse si l’on tientcompte de ce fait que les Espagnols ne rencontrèrent pas de chevauxdans le pays lorsqu’ils y arrivèrent.
La paléontologie des Etats Barbaresques nous fournit aussi la preuvede la disparition d’une race chevaline dans ces contrées. Ou y a trouvé,en effet, de os quaternaires d’âne et d’une race chevaline remar-quable par la finesse de ses extrémités. Or, celle-ci s’est évidemmentéteinte, la population chevaline actuelle des Etats Barbaresques étantexclusivement composée, d’aprèsM. Sanson(l), de sujets appartenantaux trois races dongolâwi, arabe et allemande.
Dans la Péninsule Hispanique , de même que dans les départementsfrançais situés au sud du bassin de la Loire, nous constatons encore ladisparition de plusieurs races chevalines, puisqu’on y a trouvé des os-sements quaternaires AEquus caballus et que tous les chevaux quifoulent aujourd’hui leur sol appartiennent aux deux races d’origineorientale.
Dans la Péninsule Italique on a également trouvé de nombreuxdébris quaternaires d’une race chevaline depuis longtemps disparue,puisqu’on ne rencontre plus aujourd’hui de chevaux propres à l’Italieet que la race allemande, d’après M. Sanson, la peuple exclusi-vement (2).
Enfin, la Pologne, la Russie, la Bohème, \n Hongrie, etc., sont elles-mêmes exclusivement occupées aujourd’hui par des chevaux d’origineasiatique. Or, comme on a trouvé des ossements quaternaires tYEquuscaballus dans le bassin du Danube, il est probable que, là encore, il ya eu disparition d’une race chevaline quaternaire.
Est-il possible de déterminer l’époque à laquelle sont disparus les
(!) A. Sanson, Migrations des animaux domestiques, pp. 3 et 13.
(2) Ici, nous devons signaler un fait zoologique particulièrement intéressant :
Jusqu’au commencement du cinquième siècle de notre ère, et depuis plus de 2000 ans,l’Italie était peuplée de chevaux orientaux introduits par les migrations successives dedivers peuples aryens. Mais, dès les premières années du cinquième siècle commen-cent les invasions de l’Italie par les Visigotlis, les Ilérules, les Oslrogoths, les Lombards,et leurs chevaux allemands s’impatronisent si bien sur le sol italien qu’ils finissent paranéantir une population chevaline nombreuse et naturalisée depuis plus de vingt siècles.