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RACES CHEVALINES.

CHAPITRE II

DE L’ESPÈCE ET DE LA RACE EN GÉNÉRAL

De même qu’il nous a paru indispensable de donner une idée géné-rale de l’organisation du cheval avant d’entreprendre l’étude à part dechacune de ses régions, de même nous pensons qu’il est nécessairede rappeler brièvement ici ce qu’on entend par espèce et par race.Cette définition permettra, d’ailleurs, de se rendre plus facilementcompte de certains détails dont nous aurons à nous occuper parlasuite.

I. — DÉFINITION DE L’ESPÈCE

Le règne animal ne se compose que d 'individus; mais, parmi ceux-ci, un certain nombre ont entre eux une grande ressemblance et sereproduisent avec les mêmes caractères essentiels.

Ce sont ces réunions d’individus constitués d’après le même typequi forment les espèces. Ainsi, les hommes, les chevaux, les chiens,constituent autant d’espèces distinctes.

Généralement, un nombre plus ou moins considérable d’espèces seressemblent beaucoup et ne diffèrent entre elles que par quelquescaractères peu importants ; tels le cheval et l’âne, le chien et le loup.

C’est la réunion de ces espèces qui constitue les genres , etc.

Si donc l’on s’en tient h l’exposé des faits qui tombent immédia-tement sous les sens, rien n’est plus simple que la définition del’espèce.

Il n’en est pas de même lorsqu’on admet, avec Geoffroy Saint-IIilairecontre Cuvier, que le naturaliste n’est pas seulement un observateur,un classificateur, mais un penseur, et que son œuvre est de synthèseautant que d’analyse; car, ainsi envisagée, l’histoire naturelle com-prend l’élude comparée des êtres qui vivent ou qui ont vécu à la sur-face du globe, et la définition de l’espèce se complique fatalement del’expression du résultat de cette comparaison. Or, quel est ce résultat?Pour les uns, c’est la fixité absolue ; pour les autres, c’est la variabilitélimitée ou illimitée des types spécifiques.