DE L’ESPÈCE ET DE LA RACE EN GÉNÉRAL.
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Aussi, ne s’étonnera-t-on pas, dit Isidore Geoffroy Saint-Ililaire (1),de voir la définition de l’espèce placée par les maîtres de la scienceau nombre des plus grands problèmes dont l’esprit humain ait à sepréoccuper.
D’après Linné, Buffon et Cuvier, les types végétaux et animauxsont, depuis l’origine, ce qu’ils sont actuellement : « Il y a, dit Linné,autant d’espèces diverses que l’Etre Infini a créé de formes distinctesoriginairement (2) ».
Plus lard, toutefois, Linné et Buffon, embrassant une croyancecontraire, firent une part très large à la variabilité et admirent latransformation des types spécifiques ; mais, tandis que d’après Linnéle croisement et l’hybridation sont à peu près les seuls procédés miscnœuvrepar la nature pour atteindre ce résultat, d’après Buffon, cettetransformation des espèces reconnaît pour cause première l'influencedes milieux.
Plus linnéen que Linné lui-même, Flourens conclut catégoriquementà la fixité : « Les diverses espèces sont et restent éternellement dis-tinctes (3), » dit-il.
Au contraire, Lamarck, Geoffroy Saint-Ililaire, Darwin, et avec euxtoute l’école philosophique, proclament que, loin d’être indépen-dantes l’une de l’autre, les diverses espèces sont simplement les reje-tons diversement développés d’une même forme primitive (4), dontles caractères ne sont fixes qu’aulant que les circonstances restent lesmêmes (5).
Enfin de Quatrefages, de Blaiuville lui-même, quoique l’undes plus illustres représentants de l’école positive, admettent unecertaine constance jointe à une certaine variabilité (6) et la formationde « variétés fixes » sous l’action des influences locales.
Somme toute, malgré la divergence des opinions sur l’espèce, ilrésulte clairement des définitions précédentes que la plupart des natu-ralistes modernes admettent au moins une certaine variabilité des
(1) Isidore Geoffroy Suint-Hilaire, Histoire naturelle générale des règnes organiques, t. II,p. 363. Paris, 1839.
(2) Linné, Systema naturæ, 1733.
(3) Flourens, Examen du livre de M. Darwin sur l'origine des espèces.
(4) Lamarck, Discours d'ouverture d’un cours de zoologie pour l’an IX. Paris 1803.
(3) Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, loc. cit., t. II, p. 303.
(6) De Quatrefages, L’espèce humaine. Paris, 1883.
I.p f-linval.
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