578
RACES CHEVALINES.
types spécifiques. Cela nous suffit pour le moment; car il est bienentendu que nous n’avons ni l’intention ni la prétention de discuter sicelte variabilité est simplement limitée, comme l’admet M. de Quatre-fages, ou illimitée, comme le veulent Lamarck, Darwin, Isidore Geof-froy Saint-IIilaire, etc.
Une seule chose, pour nous, est intéressante à noter, c’est que,sous la pression de certaines iulluencos de milieux, telles que leclimat, la nourriture, l’exercice, etc., de nouvelles formes peuventnaître des formes préexistantes et constituer des variétés dansl’espèce.
« ... C’est ainsi que, chez les animaux domestiques, nombre d’or-ganes s’atrophient par suite du changement de genre de vie qui lesa réduits à l’inaction. Les canards et les poules qui, à l’état sauvage,volent très bien, perdent plus ou moins celte faculté à l’état domes-tique. De même que, dans ce dernier cas, la fonction et, par
suite, la forme de l’organe, s’amoindrissent parle défaut d’usage, il
arrive, au contraire, qu’elles s’exagèrent par uu exercice forcé.
Citons spécialement le chien et le chat, si étonnamment ennoblis parla domestication, et si supérieurs à leurs frères sauvages par le déve-loppement de l’activité fonctionnelle ; or, évidemment, ici la transfor-mation correspondante du cerveau est due eu grande partie à un
exercice persistant.Nombre d’exemples d’amphibies et de reptiles
montrent avec quelle puissance l’influence extérieure des habitudesagit sur le genre de vie des animaux et les transforme morphologi-quement. Notre serpent indigène le plus commun, la couleuvre à col-lier, pond des œufs qui, pour éclore, ont encore besoin de troissemaines. Mais, si l’on tient ces animaux captifs dans une cage, enayant soin de ne pas la joncher de sable, alors ils ne pondent pas etgardent leurs œufs jusqu’à leur éclosion. Ainsi, il suffit de modifier lesol pour effacer toute différence apparente entre des animaux ovipareset des animaux vivipares... (1). »
Eu ce qui concerne nos races chevalines, combien aussi sont pro-fondes les modifications qu’un changement de milieux peut imprimerchez elles! Quelle différence, par exemple, entre le type oriental desplaines de Tarbes ou de l’Andalousie et celui de la Camargue, de la
(i) llœckel, Conférences scientifiques sur la doctrine de l'évolution en général, et celle deDarwin , Gæthe et l.amarck en particulier.