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DES RAGES CHEVALINES EN PARTICULIER. 599

« Ou pense encore généralement en Europe, dit Vallon, que depuisplus de 2000 ans, les Arabes inscrivent la généalogie de leurs chevauxsur des registres; que la saillie de leurs juments et la naissance deleurs poulains ont lieu en présence de témoins; qu’un acte authen-tique, dûment légalisé, est établi pour constater la généalogie desproduits. Rien n’est moins vrai que celte opinion, introduite cheznous par des voyageurs européens, et qui a pris sa naissance dans lesrécits inventés à plaisir par les maquignons des bords de l’Euphrate,de Damas, d’Alep, de Hamah, etc., pour exploiter la crédulité des

Européens et vendre leurs chevaux bien au-dessus de leur valeur.

Si, au désert, on demandait à un Anezé, ou à tout autre nomade,l’extrait de naissance du cheval qu’il vend, il se rirait de notre cré-dulité. 11 est vrai que les maquignons qui conduisent des chevaux auxmarchés de Bagdad, de Bassora, de Damas, d’Alep, de Médine, de laMecque, ont soin de leur mettre au cou des sachets contenant unsoi-disant extrait de naissance, mais ce sont là, nous le répétons, desmoyens frauduleux, employés pour exploiter la crédulité des Euro-péens. Il serait, du reste, très curieux, ajoute l’auteur précité, qu’unpeuple qui n’a pas d’état civil, eût, pour ses chevaux, une généalogieétablie depuis plus de 2000 ans et tenue parfaitement en règle (1) ».

La vérité est que les Arabes ne connaissent la généalogie de leurschevaux que jusqu’à la deuxième et rarement à la troisième géné-ration.

Ils ne s’entendent, d’ailleurs, ni sur le nombre des variétés ou famillesdiverses que comprend la race arabe, ni sur les caractères propres àchaque variété. Tous les habitants de la Syrie s’accordent pourtantpour diviser les chevaux en deux grandes classes : 1° les chevaux nobles,koheil ou nedjdi; 2° les chevaux communs, ou guéclich.

Quoi qu’il en soit, le coursier arabe fait partie intégrante de lafamille nomade; il est le compagnon aimé du musulman, l’agent prin-cipal de sa puissance, et il inspire aux poètes de la tente leurs chantsles plus enthousiastes.

« Chez un peuple pasteur et nomade, dit le général Daumas, quirayonne sur de vastes pâturages, et dont la population n’est pas enrapport avec l’étendue de son territoire, le cheval est une nécessité

(1) Vallon, loc. cil., t. II, pp. 388 et 489.