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PRODUCTION ET AMÉLIORATION DU CHEVAL.

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l’armée avait besoin de 50,000 chevaux pour entrer en campagne; l’administra-tion des remontes ne put mettre à sa disposition que 12,000 chevaux seulement.

Il fut constaté qu’avec une population chevaline de trois millions de têtes environ, •la France ne pouvait suffire aux différents services de l’armée. En 1870-71, lamême pénurie se reproduisait; on ne put trouver que 20,000 chevaux (rapportde M. Bocher à l’Assemblée nationale, 20 mai 1871). On le voit, en matière che-valine, ce n’est pas le nombre qui nous manque, c’est la qualité; nos chevauxémanent de reproducteurs ou mauvais ou mal adaptés aux lieux où ils ont étéplacés (1)... »

Pour remédier à cet état de choses si inquiétant pour la défense de notre pays,il est indispensable, à notre avis : 1° d 'éclairer les éleveurs ;2° de régulariser lesachats des jeunes chevaux; 3° d’élever le prix moyen de ces chevaux.

1° Dans le but d'éclairer les éleveurs, M. Richard propose de constituer, avecle concours de nos trois grandes Écoles vétérinaires, de nos associations agri-coles, des conseils généraux, un enseignement consacré spécialement à l’étudedes moyens à employer pour refaire et améliorer nos anciennes races de che-vaux, telles que celles des montagnes du centre et du midi, qui ont été détruitespar des mélanges irrationnels. Les lois, la nature des lieux qui ont présidé à laformation de ces races n’ayant pas changé, on peut les reconstituer en s’aidantdes lumières de la science et de l’observation. « Croire, dit l’auteur précité, quequelques cours isolés, professés à quelques jeunes gens, au haras du Pin, remé-dieront à un mal séculaire qui s’est toujours perpétué et se perpétue sans cesse,c’est, non seulement se tromper, avec l’intention de bien agir, mais induireencore la France dans une erreur dont les événements n’ont jamais manqué dedémontrer les funestes conséquences (2). »

2° Une suffit pas de conseiller les éleveurs, il faut encore assurer à la produc-tion chevaline un débouché constant et régulier ; il faut, enfin, que le producteursache approximativement quelles seront les demandes de l’Etat dans sa circons-cription, de manière à éviter l’encombrement, dont la conséquence fatale estl’avilissement des prix. Si, en effet, les chevaux produits exclusivement en vuedes services militaires ne sont point vendus dès qu’ils ont atteint l’âge régle-mentaire, le service auquel ils sont propres ne trouvant point d’emploi utilechez le producteur, à mesure que leur valeur réelle décroît, leur prix de revientaugmente de la quotité de leurs frais d’entretien.

Mais la régularisation des achats serait sans effet si, en môme temps, on neles réglait de façon à assurer la présence permanente dans le pays, en plus del’effectif normal, d'un nombre suffisant de chevaux prêts à être incorporés encas de mobilisation; car on ne saurait exiger des agriculteurs que, par purpatriotisme, ils se ruinent à produire l’excédent de chevaux qui serait alorsnécessaire.

Il faut, en somme, que la production soit réglée sur les achats en temps depaix; or, on ne le peut qu’en constituant une réserve de chevaux de troupe.

Plusieurs moyens ont été proposés pour obtenir ce résultat; mais, à notre avis,

(1) Rapport doM. Frogier de Ponlcvoy relatif à une pétition de M. Richard (du Cantal) sur-la question des Haras et des Remontes militaires. (Séance de l’Assemblée nationale du

13 novembre 1876.)

(2) A. Richard, loc. cit., p. 147.