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RACES CHEVALINES.

Ses effets étant subordonnés à l’état de l'agriculture du pays où on l’applique,c’est-à-dire plus ou moins sensibles et rapides suivant que le terrain est riche oupauvre, bien ou mal cultivé; les types améliorateurs étant, d’autre part, toussemblables à eux-mêmes, parfaitement identifiés au sol qui les a vus naître, etchoisis parmi ceux qui présentent déjà au plus haut degré les qualités que l’onrecherche, les produits obtenus ne peuvent être que l’expression du maximumd’amélioration possible, eu égard aux ressources agricoles locales.

Avec la sélection, aucun de ces mécomptes, aucun de ces coups en arrièrequi caractérisent si souvent la méthode de croisement; aucun de ces sujetsdécousus, nerveux à l’excès, sans puissance héréditaire, enfin, dont les exigencesnouvelles ne peuvent plus se contenter des produits du sol. A la place, desanimaux plus ou moins irréprochables sans doute, quelquefois même médiocres,mais dont l’autorité héréditaire intacte est une garantie de succès pour toutetentative d’amélioration nouvelle bien entendue.

Ce n’est pas à dire, toutefois, que la sélection soit une méthode de reproduc-tion dont tout le monde puisse user avec fruit. Elle exige, au contraire, plus quetoute autre, des connaissances étendues jointes à un tact, à un savoir-faire par-faits. Son application intelligente, raisonnée, fructueuse, repose, en effet, sur ladétermination exacte des caractères de la race, des aptitudes diverses des ani-maux, des lois de l’hérédité, et surtout de la consanguinité, qui est la réalisationla plus complète de la méthode, etc., etc.

Voici, d’ailleurs, quelles sont les principales règles d’une bonne sélection :

Il faut, avant tout, choisir des reproducteurs présentant les caractères de leurrace au plus haut degré et écarter de la reproduction ceux qui s’éloignent dutype, fussent-ils même supérieurs sous certains rapports.

Le père et la mère doivent être de taille à peu près égale et autant que possiblede même robe.

Relativement à l’âge, « on a toujours remarqué, dit Magne, que les mâles quiont couvert un grand nombre de femelles sont plus habiles à faire la monte queceux qui s’accouplent pour la première fois. D’un autre côté, on sait que beau-coup de femelles jeunes, n’ayant jamais porté, ne se laissent couvrir qu’avecdifficulté. On doit donc donner aux mâles qu’on emploie pour la première fois àla reproduction, des femelles ayant déjà eu des produits et bien disposées à selaisser féconder (1). »

Mais, où l’éleveur doit surtout concentrer son attention, c’est en ce qui concernela conformation des animaux : outre les qualités générales de tout bon reproduc-teur, celui qu’on emploie à l’amélioration des races par elles-mêmes doit présenterau plus haut degré les qualités que ion veut fixer et accentuer chez les produits.Et cette recommandation s’applique aussi bien à la mère qu’au père. Car il estdémontré aujourd’hui que la jument n’a ni un rôle prépondérant, ni un rôleeffacé dans la reproduction, et que l’opinion suivante du général Daumas :« Choisissez l’étalon et choisissez-le encore; souvenez-vous que la jument n’estqu’un sac; vous en retirerez de l’or, si vous y avez mis de l’or, et vous n’enretirerez que du cuivre, si vous n’y avez mis que du cuivre (2) », repose sur

(1) H. Magne, loc. cit., t. 1, p. 168.

(2) Général E. Daumas, loc. cit., p. 66.