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DES CHEMINS DE FEH
traités seront-ils moins respectés, l’amitié moins solideentre les peuples lorsque chacun gardera l’épée au côté?Notre dignité nationale, nos intérêts commerciaux ont-ils plus à attendre d’une attitude humblement pacifique dontaucun peuple autour de nous ne nous donne l’exemple,que de certaines précautions exemptes de forfanterie aux-quelles la modification apportée à l’art de la guerre par!es auxiliaires eux-mêmes de notre prospérité intérieure,nous invite à recourir le plus tôt possible.
Sans nous laisser donc alarmer par des théories qui nonplus que de la part de nos voisins, ne renferment des dé-monstrations belliqueuses, actuellement menaçantes pour lapaix, ne saurons-nous pas comme eux ménager une doublesolution et prévenir par une question de priorité bien motivéeune lutte fâcheuse enlre deux intérêts vitaux de la France ’la défense de son territoire et l'extension de sa richesse ? Qu’ilnous soit permis quant à nous de donner ici plus de déve-loppements aux considérations stratégiques, tant A causede leur suprématie réelle, que parce que nous croyonsutile de combattre l’oubli systématique sous lequel onprétend peut être les étouffer. Moins exclusifs que nosadversaires, nous ne perdrons point de vue néanmoins dans'exposition de nos idées, les grands intérêts du commerceet de l’industrie: et en envisageant les chemins de fercommo essentiels pour la défense du territoire, nousn’oublierons pas surtout que leur plus belle mission serade servir à protéger et à faire respecter les fruits du tra-vail pacifique.
La première question à poser et à résoudre consisteà faire connaître quelle marche suivront les guerres dansl’avenir : et nous avons dit que sans être imminentes,elles étaient encore probables. Les leçons de l’histoire,