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autre considération. Sur ce terrain, l’opinion ne se mon-tra malheureusement pas plus éclairée qu’auparavant :chacun plaçant la loi d’utilité publique dans la sphèrede ses intérêts, de ses vues privées, de ses études spé-ciales, on vit naître les projets les plus bizarres, les con-ceptions les plus absurdes, les prétentions les plus dérai-sonnables. Il n’en pouvait être différemment, dès qu’onméconnaissait le principe qui devait rester le point dedépart-, aussi le môme avortement attend la reprise dela discussion, si les Chambres animées d’un esprit' pa-triotique plus large, ne savent pas s’élever dans les dé-bats qui vont s’ouvrir à ce sujet dans leur sein, au-dessusde mesquines préoccupations locales ou môme person-nelles.
Quant à nous, lors môme que les dispositions actuellesde l’Europe à notre égard ne j usineraient pas la néces-sité do nous montrer prévoyants, notre avis serait encoreque dans l’état pou avancé de la civilisation, la questionde sécurité est intimement liée à celle de l’accroissc-mont de prospérité qu'elle doit môme la dominer danscertains cas, déterminés par la nature des relations ex-térieures et l’état des frontières. Il faut qu’une nationexiste avant de choisir le meilleur mode d’aclivité pourse rendre heureux. La nation française surtout, que desbravades ne rendent pas plus forte, mais que l’impré-voyance affaiblirait bien certainement, doit à ses anté-cédents, aux dillicultés qui menaceront longtemps encore,son existence politique, au caractère démocratique et né-cessairement un peu turbulent de sa constitution, do resterfidèle à cette règle des Etats sages et puissants. Loin donotre pensée de vouloir aiguiser des armes de guerre envue de périls qu’on parviendra peut-être à conjurer ! Les