1)E L EURÜl'E CENTRALE.
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soit pas d’ouvrir de promptes relations avec cette partie denotre frontière qu’il nous faudra alimenter incessamment.Or est-il un moyen plus sûr, plus efficace d’assurer à Stras bourg et à Metz leur rôle de place de dépôt, en môme tempsqu’on en a fait des têtes de pont formidables, que de lesmettre en communication par Paris avec toutes les ressour-ces que réclameront les circonstances?
En admettant même qu’un détachement ennemi parvienneà détruire quelque part le tronçon de Nancy à Strasbourg ,outre que la réparation en sera facile, dès que nous auronspris l’offensive, il est bon de savoir que la distance qui sé-pare ces deux, villes peut toujours être franchie en une nuitavec nos moyens ordinaires. Notre position sera loin d’êtrecompromise tant que nous garderons seulement intacte laporlion de ligne do fer entre Paris , Nancy et Metz : carc’est sur ces deux dernières places qu’il sera urgent de di-riger des forces afin d’être en état de repousser directementsur le point faible l’attaque la plus sérieuse et de secou-rir à temps, par des marches de flanc tant recommandéespar les hommes de l’art, soit notre armée de la Meuse , soitles corps en observation devant l’autre porte de la France aux environs de Ilàle. Quel inconvénient n’y aurait-il pasà ce que Paris restât plus éloigné de la frontière la plus ouverte, la mieux garnie des moyens aggressifs de l’ennemique de Dresde , Berlin et Munich ! Qui oserait taxer de luxede précautions, notre disposition à imiter la prévoyance denos adversaires, en copiant servilement leur système d’at-taque et de défense! Les ingénieurs allemands ont biencompris la question stratégique, quand ils ont présentécomme favorable aux vrais principes de la guerre moderne,l’exécution de tout chemin de fer venant du centre de l’Al-