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ou moins complètement, et la dislocation des bancs degrès qu'elles supportaient s’en est suivie. La dénudations'arrêta au groupe du calcaire lacustre inférieur qui fut en-tamé sur plusieurs points, de manière à permettre d'af-fleurer à ses diverses couches , mais n’a nulle part disparuentièrement. Le cataclysme a dû être subit, et d'une grandeviolence ; la direction constante des courants, attestée parle parallélisme des lambeaux de terrains restés en place,en est une preuve décisive. Le moindre obstacle changela direction d'un faible courant d’eau, mais à mesure quele volume et la vitesse de celui-ci augmentent, la résis-tance des objets rencontrés par le torrent est de moins enmoins capable de le faire dévier. On trouve d’ailleurs,au fond des sillons gigantesques creusés dans le sol dela forêt, des différences de niveau de plus de soixante-dixmètres ; qu’on se représente, si l’on peut, ce que devaientêtre des torrents qui avaient de pareilles inégalités dansleur lit. Parfois, cependant, ceux-ci venaient se heurtercontre des obstacles dont il leur était impossible de triom-pher; alors de vastes tourbillons se produisaient, affouil-lant les terres de tous côtés, et l’eau se frayait bientôtune issue en creusant, dans une direction indéterminée,quelque vallée secondaire. C’est ainsi que celle au bordde laquelle est bâti Fontainebleau doit son existence auseuil élevé qui s’étend des Grands-Feuillards à la tabledu Grand-Maître. Quand le niveau se fut abaissé à unefaible hauteur au-dessus des plateaux, le courant se pré-cipita par cette voie qui lui était ouverte vers le lit delàSeine, alors en formation, et termina l’ébauche de la val-lée commencée. Enfin, tout ce bouleversement s’est rapi-dement accompli, car la dénudation eut été bien pluscomplète encore si un tel phénomène avait eu quelquedurée.
Ce n’est pas seulement dans la forêt qu’existent lespreuves irrécusables du déluge, mais sur une partie dela France, depuis Dijon jusqu’aux côtes de Normandie.