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Histoire de la forêt de Fontainebleau / par Paul Domet
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laire à la direction générale des courants diluviens, etqui passe, à peu près, à la table du Grand-Maître, à laBelle-Croix, à la croix du Grand-Veneur, à Franchard,aux Grands-Feuillards, suivant le seuil élevé dont nousavons parlé plus haut, auquel la vallée de Fontainebleaudoit son existence.

Les eaux, en se retirant, laissèrent d’abord à sec leshauts plateaux, puis s’écoulant par tous les sillons qu’ellesavaient creusés, se concentrèrent enfin dans les plusprofonds de ceux-ci, et y formèrent des fleuves gigan-tesques qu’entretinrent, à l’état permanent, les pluiesextrêmement violentes, qui tombèrent à la suite du cata-clysme diluvien, pendant un long espace de temps. Cespluies étaient d'une telle force quelles ruisselaient mêmeà la surface des terrains les plus perméables, comme onle voit faire, sur les pavés de nos rues, aux averses quiaccompagnent les orages. On comprend la puissance quedevaient avoir ces fleuves, alimentés, à la fois, par lessources constamment maintenues à leur maximum dedébit, et par le trop-plein des eaux glissant de tous côtéssur le sol.

Ce sont les précurseurs de nos rivières actuelles, qui nepeuvent en donner qu’une bien faible idée. Mais il est fa-cile, en maint endroit, de retrouver les anciens lits parl’inspection des alluvions qui en occupaient encore lefond et les talus. Elles se composent de sables, de gra-viers, enveloppant parfois des pierres énormes, usées etarrondies sur leurs angles, de débris de toutes sortes, ar-rachés aux roches tertiaires, et disposés partout en strati-fications régulières ; elles s’élèvent, sur la rive convexe dutournant de Melun, jusqu’à la hauteur de cinquante-deuxmètres et, vers Sermaise, elles s’étendent surplus detrois kilomètres de largeur. La direction de ces courantsne s’éloignait pas beaucoup de celle que suivent moyen-nement les vallées actuelles qu’ils remplissaient tout en-tières; ils étaient d'autant plus étendus qu’elles sont plus