59 —
larges, et qu’elles rencontrent en aval, dans la disposi-tion des coteaux, un barrage plus direct ; par exemple,pour la Seine : à Thomery, Fontaine-le-I’ort, Melun, et,sur la rive droite, àSamoreau et à Chartrettes. Dans cestournants, le courant se portait, comme il le fait encoremaintenant, contre la rive concave, qu’il tendait à corro-der, tandis que les matières entraînées par l’eau étaientconduites sur la rive convexe, où elles ont formé, un peuen aval du sommet de la courbe, des dépôts de terrain detransport qui, dans la forêt, constituent le sol des cantonsde la Queue-de-Fontaine, du Bois-la-Dame, de la Plaine-de-Sermaise, et d’une partie de celui de la Boissière.L’examen de ces alluvions fait voir que ce formidablecours d’eau avait un débit assez permanent et, même entemps de basses eaux, couvrait, en grande partie, les gra-viers de son lit; parfois, cependant, survenaient descrues énormes, atteignant jusqu’à vingt mètres de hau-teur. Il est probable que sa pente était extrêmement fai-ble : de quelques centimètres, à peine, par kilomètre, leniveau du continent étant alors biens moins élevé, au-des-dessus de la mer, qu’aujourd’hui. Par suite du relève-ment de celui-ci, la pente et la vitesse du fleuve, dans lapartie, du moins, qui contourne la forêt, ont augmentétrès-sensiblement.
Nous avons dit qu’on nia pas constaté jusqu’ici detraces d’animaux à sang chaud dans le calcaire supérieur ;on n’en trouve pas non plus dans le diluvium. C’est loincependant d’être une preuve certaine que ceux-ci n’habi-taient pas notre pays avant l’événement géologique quilui adonné, à peu près, lé modelé qu’il possède aujour-d’hui; car les courants furieux ont dû balayer et entraînerrapidement avec eux tout ce qui se trouvait à la surfacedu sol, de telle sorte que, lors du dépôt du diluvium,pendant la période décroissante des eaux, tous les objetsflottants étaient déjà bien loin. C’est une loi générale, dontnous voyons encore l’application dans les inondations
I