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causées par nos fleuves torrentueux : au début, des arbres,delà paille, des meubles, des cadavres d’animaux, etc.,passent, rapides, devant les yeux de l'observateur; maisdès que la crue décroît, tout a disparu, le lugubre défilécesse comme par enchantement. Il est donc impossible derien affirmer. Ce dont on est sûr, cependant, c’est quenon-seulement aucun être vivant, mais encore aucunetrace de végétation n’a dû résister au déluge. Toute lacontrée présentait l’aspect le plus désolé quand les eauxse furent retirées, et il fallut, sans doute, de longs sièclespour produire un peu d’humus, et faire renaître les plantesindispensables à la vie des animaux.
" Ces derniers finirent, cependant, par reprendre posses-sion de notre pays : on a trouvé leurs restes sur les rivesélevées des grands cours d’eau du bassin de la Seine,mais surtout dans les terrains de transport déposés sur lescoteaux convexes des tournants dont nous parlions toutà l’heure. C’est là, en effet, que tous les corps flottantscharriés par ces immenses rivières devaient venir s’é-chouer, et qu’ils sont restés enterrés dans des alluvionsqui n’ont pas été remaniées par les eaux, depuis leur for-mation. Jusqu’ici on n’a découvert, à notre connaissance,dans la forêt de Fontainebleau même, qu’une mâchoireavec fragments de crâne, ù’Iujæna spelæa ; mais cela tientvraisemblablement à ce que les sablières qui bordent laSeine n’y ont pas été fouillées. A Paris, où des exploita-tions ont été faites sur une très-vaste échelle, à Melun,aux environs de Nemours, etc., de nombreux débris, misau jour, ont permis, d’établir, à peu près complètement,la faune des mammifères de tout le bassin de la Seine, àcette époque. Voici la liste des animaux dont on a retrouvéles traces :
Carnassiers : tigre ou lion gigantesque; deux espècesd’ours, dont une de la plus grande taille; hyène; loup;renard; blaireau; belette; putois; martre commune.