— 65 —
en place, il est rare que la terre soit épaisse et fertile.C’est à la présence des débris des divers terrains, rema-niés par les eaux, que les plaines de tous les niveaux doi-vent, en général, une fertilité, variable avec la puissancede ce diluvium. L’existence du calcaire lacustre supérieurparaît aussi avoir quelque influence sur laqualité du sol,et on remarque que la végétation est plus active sur lesplateaux recouverts par ces terrains que sur les plainesbasses.
Nous ne terminerons pas ce chapitre sans dire quel-ques mots d’une question incidente qui appartient cepen-dant à la géologie : nous voulons parler de la distributiondes sources dans le sol de Fontainebleau. Elle est la con-séquence rigoureuse de la composition de ce dernier. Leseaux pluviales, lorsqu’elles sont retenues à la surface parune roche imperméable, suivent les pentes de celle-ci, etvont grossir les ruisseaux, ou, se réunissant dans certai-nes dépressions, former des lacs, des étangs ou seulementdes mares. C'est à peine de ces dernières qu’on rencontredans la forêt, et encore en bien petit nombre; elles sontdues : soit, et c’est le cas le plus fréquent, à des cavitéscreusées à la surface d’une masse de grès dépourvue defissures, soit à des veines argileuses très-restreintes quise trouvent dans les terrains de transport avoisinantCourbuisson, et surtout dans le travertin inférieur, commeà la Mare-aux-Evées, par exemple, où l’argile a mêmeune certaine profondeur. Partout ailleurs, le sol de Fon-tainebleau est perméable sous deux formes différentes :les sables, ou une roche solide, mais fendillée. Dans lepremier cas, l’eau pénètre, en masse, les assises sableuses ,qui font alors l’office de crible, ou plutôt de filtre; dansle second, elle passe par toutes les fissures, se subdiviseen mille filets qui poursuivent chacun leur cours isolé-ment ; le hasard seul peut les faire atteindre, commecela a lieu dans nos bancs de grès, dont les joints sont,trop nombreux, d’ailleurs, pour que les courants soient