de marbre, pour juger, en dernier ressort et sans appel,tous les procès relatifs aux bois, tant du roi que des par-ticuliers; peu après, il en fut fait autant auprès des au-tres Tables de marbre du royaume. Henri III, en 1575,supprima la charge de souverain grand-maître, dont étaitpourvu M. de Fleury, et partagea la France entre sixgrands-maîtres enquesteurs, généraux réformateurs des fo-rêts, y compris celui de l'Ile de France, institué à Fon-tainebleau, par François I er . Ce dernier office fut séparéde la maîtrise particulière du bailliage de Melun, dont letitulaire garda seulement, encore pendant plusieurs an-nées, le nom honorifique de grand forestier. Le nombredes grands-maîtres fut porté à douze, en 158G, et à dix-sept, en 1587 et 1589. Ces hauts fonctionnaires centrali-saient toute l’administration de leur département sousl’autorité du contrôleur général des finances; ils ren-daient la justice en première instance, et avaient voix dé-libérative aux audiences des-juges en dernier ressort. Lepouvoir des grands maîtres, au point de vue de la gestiondu sol forestier, était considérable : ils tranchaient toutesles questions d’aménagement et d’exploitation; chaqueannée, après leur tournée, ils transmettaient aux agentsdes maîtrises leur mandement, pour les coupes annuelles;ils procédaient en personne aux ventes. Henri IV, en 1597,rétablit M. de Fleury, qu’il affectionnait particulière-ment, à la tête de toute l’administration, avec le titre desurintendant des forêts de France. Il réunit, de plus, à cettecharge deux des grandes maîtrises : celle de Normandie,et celle de l’Ile de France. A la mort de M. de Fleury,arrivée en 1612, la place éminente qu’il occupait fut dé-finitivement supprimée.
Plusieurs édits prononcèrent le rachat de tous ces of-fices juxtaposés les uns à côté des autres ; mais de pres-sants besoins d’argent ne tardaient jamais à les fairerétablir, et chaque fois, tout le monde s'empressait d’enacheter : depuis l’homme riche qui, pour 100,000 livres,