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Histoire de la forêt de Fontainebleau / par Paul Domet
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et les efforts, les violences même, qui eurent lieu en 1faveur du reboisement, dans ces temps de trouble, où laloi du plus fort était, presque toujours, la meilleure. Les f

simples seigneurs opéraient sur une échelle nécessaire- a

ment plus petite, et se contentaient d’une garenne , de t

warenna, dérivé du germain, waren, défense; c’était un d

bois, pas assez grand pour que son propriétaire put s’y é

livrer à la chasse de la grosse bête, mais où, pour se 3

dédommager, celui-ci élevait une énorme quantité de c

gibier, ennemi implacable, lui aussi, de tout champ cul- d

tivé. Or il existait en Bière un grand nombre de ces £

garennes; le nom de plusieurs est venu jusqu’à nous, 1

celles, par exemple : d’Achères, de Bourron, de Gros- £

Bois, d’Avon, de la Queue-de-Fontaine, etc., et sur ces (

points, la végétation sylvestre avait dû tout envahir, (

comme avant l’invasion romaine. 1

Les choses changèrent, vraisemblablement, au moment 1où le domaine royal se constitua, et les bois cédèrent, de 1nouveau, la place aux céréales. I.es monastères créés par !les souverains, celui de Saint-Gerrnain-d’Auxerre, dont 1parle Helgaut, celui de Franc,hard, celui des Basses-Loges, 1fondé en 1310, et d’autres encore durent fournir au défri- (chement de nombreux et infatigables ouvriers. D’ailleurs 1nous avons vu que, sous saint Louis, près de deux mille 1arpents, qui furent aliénés, étaient en culture, au-delà de !la route de Bourgogne, sur les rives de la forêt, et même 1dans l’intérieur de celle-ci. Le gibier avait nécessairement 1diminué.

Au xiv e siècle, le bois commença à disparaître des alen- 1tours de Paris; il fallut l’aller chercher de plus en plusloin, pour l’approvisionnement de la capitale. La forêt deFontainebleau, située sur le bord de la Seine, et d’où, parconséquent, le transport était facile, fournit un largecontingent, que vint augmenter, encore, l'habitude duflottage en trains. Dès le règne de Philippe le Bel, laplus grande partie des produits de la forêt était consom-