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Les traces du feu sont partout apparentes dans ce bâti-ment, dont il a été impossible de préciser l’anciennedestination. Des débris, de même origine, ont aussi été ren-contrés dans le parc du palais. C’est de ces deux côtés,sans doute, sur les rives de la Seine, et au bord de larivière d’Avon, que durent avoir lieu les premiers défri-chements. Ils s’étendirent, ensuite, aux reins de la forêtactuelle, quand ceux-ci se peuplèrent. Melun, Avon,Samois, La Chapelle-la-Reine, llecloses, Moret, Chailly,et bien d’autres villages sont beaucoup plus anciens quele palais de Fontainebleau.
Dans les meilleures parties, quelques futaies furentremplacées par les céréales nécessaires à la nourrituredes habitants, mais ailleurs, les exploitations durent êtrebien peu importantes. En effet, le bois abondait partout,et faute de chemins, ne servait absolument qu’à la con-sommation locale, nécessairement très-restreinte. Lecombustible était choisi parmi les bois morts et gisants,dont le façonnage était moins difficile; d’ailleurs les chefs,eux-mêmes, donnaient l’exemple, et se contentaient de cechauffage dans leurs châteaux. Les pièces destinées auxconstructions étaient prises, sans ordre, dans les chênesqui remplissaient le mieux les conditions nécessaires. Lesseules exploitations consistaient donc à enlever, çà et là,les arbres secs, dépérissants, et quelques autres en bonétat de croissance, pour les besoins des riverains.L’homme devançait la nature sans la combattre, et l’as-pect général de la forêt ne changeait pas.
Un des premiers effets de la féodalité fut d’accroître lesbois de notre patrie, et de ramener le sol à l'état danslequel il se trouvait au temps des Gaulois. Eu effet, ainsique le fait remarquer M. Alfred Maury, la possessiond’une forêt constituait une des prérogatives essentiellesdes seigneurs haut-justiciers, et était exigée, en quelquesorte, de celui qui était revêtu de cette quali té. On conçoitla guerre acharnée qui dût être déclarée à l’agriculture,