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Histoire de la forêt de Fontainebleau / par Paul Domet
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siècle dernier, des traces de fossés ; mais on trouva qu’ilsfaisaient perdre du terrain, et gênaient la chasse, aussin’ohligea-t-on les marchands à en faire faire que le longdes grands chemins.

On avait, du reste, à cette époque, de singulières idéesen sylviculture : on croyait que la terre avait la faculté dedonner naissance spontanément aux arbres sauvages,sans graines d’aucune sorte, et par sa propre puissance;on tenait également pour certain que le chêne croissaitpendant cent ans, restait cent ans en bon état de végéta-tion, et cent ans à décroître, après lesquels il mourait.Aussi voyons-nous une ordonnance, de juillet 1544, con-firmée par celles d’août 1573, et mai 1587, fixer à unsiècle la durée de la révolution des futaies de chênes 1 .Cette limite d'âge resta, à Fontainebleau, le plus souvent,à l’état de théorie; lorsque le bois dépérissait, ou permet-tait la coupe avant cent ans, « sans tirer à conséquence »,disaient les arrêts; d’autre part, le voisinage du séjourdes souverains faisait conserver, pour l'ornement, desarbres beaucoup plus vieux.

Ce nouveau mode d’exploitation ne tarda pas à amenerdes modilications notables dans l’aspect des futaies deFontainebleau : au lieu d’un mélange confus de bois dedivers âges, l'œil ne rencontra bientôt plus que desmassifs peuplés d’arbres uniformes, qui naissaient, crois-saient et tombaient ensemble, et dont les troncs égauxsoutenaient, à une même hauteur, la voûte de verdureformée par leurs feuilles. Mais une grande irrégularitécontinua à régner, sinon d’arbre à arbre, du moins demassif à massif; car malgré les ordonnances, entreautres celle de 1503, il n’y avait pas alors, en général, decoupes réglées; les maîtres des eaux et forêts les faisaientfaire dans telle partie de leur ressort qu’ils jugeaient à

1. On appelle révolution le nombre d’années déterminé pourl’exploitation d'une forOt.