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Histoire de la forêt de Fontainebleau / par Paul Domet
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propos de désigner, et de manière à fournir la sommedont le roi avait besoin, ou s’il s'agissait des environs deParis, le bois nécessaire à la consommation de cette ville.A Fontainebleau, surtout, le désordre fut augmenté parles nécessités de la chasse, et les caprices des souverains;il dure encore aujourd’hui. Les essences qui peuplaient laforêt changèrent, elles aussi, par suite du nouveau traite-ment : le hêtre disparut presqu’en entier, et dans beau-coup d’endroits, le chêne fut, en partie, remplacé par desbois blancs, ou même des bruyères, des genévriers, oud’autres morts-bois. En voici la raison : lorsqu'une annéeoù les» graines étaient abondantes suivait de près unecoupe, le semis artificiel aidant, un rôensemencement telquel avait parfois lieu, malgré le petit nombre desréserves ; les jeunes chênes, amis de la lumière, pouvaientprospérer, et finir par prendre possession complète duterrain, tandis que les hêtres, qui ont un besoin absolude couvert, étaient- nécessairement voués à la mort. Maissouvent, la glandée se faisant attendre (il ne s’eu présenteguère que tous les quatre ans, sous notre climat),c’étaient les essences inférieures, à semences légères etannuelles, les arbrisseaux, ou même l’herbe qui envahis-saient le sol, et en restaient en définitive les maîtres, caron reculait devant les grandes dépenses qu’il eût fallufaire pour les déposséder. On ne doit pas, toutefois, tropgénéraliser ces fâcheux effets du traitement à tire et aire ,et perdre de vue qu'en sylviculture les résultats dépendentprincipalement de l’intelligence, de la pratique,,de lavolonté de celui qui cultive, et qu’à toutes les époques,dès massifs, situés dans les mêmes conditions naturelles,soumis au même mode d’exploitation, seront en meilleurétat les uns que les autres, selon les traditions qui yrégnent, ou les forestiers qui les administrent. Enfin pourse faire une idée exacte de ce qu’était alors la forêt, il fauttenir compte des affreux ravages que les Anglais com-mirent dans le Gàtinais au xv* siècle. C’était un dicton,