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pendant les vingt premières années; on exploila, enmoyenne, par an, deux cent vingt-cinq arpents de tousbois, dont beaucoup de vieille futaie, surtout vers la findu règne de Louis XV. Le revenu, en argent, fut en chif-fres ronds, de 188,000 livres; sous Louis XVI, il s’élevaà 300,000. Au total, de 1690 à 1790, il fut exploité vingt-et-un mille arpents, qui produisirent 16,251,259 livres.Le rapport de la forêt était, du reste, loin d’être constant;ainsi nous pouvons citer comme extrêmes : les années1758, où il ne fut que de 19,000 livres, et 1764, où il s’é-leva à 1,208,000 livres.
Les ventes continuaient à être faites, en général, auxenchères ; pourtant quelquefois le grand-maître, voulantfavoriser un marchand, lui concédait directement unecoupe, moyennant estimation par experts, libre à l’ache-teur, toutefois, de renoncer au marché, si l’estimation nelui convenait pas. En dehors dns coupes principales, quiétaient, presque toutes, vendues à la condition expresse deservir à l’approvisionnement de Paris, on exploitait, cha-que année, les chablis 1 et les bois morts, puis on tiraitencore, parfois, de la forêt des courbes pour la marine.Les constructeurs de navire avaient la faculté de prendre,dans les coupes annuelles des forêts royales, les arbres né-cessaires à leur industrie. Ceux-ci étaient marqués d’unmarteau spécial, et livrés, après abattage et façonnageparles adjudicataires, aux fournisseurs de la marine; lavaleur en était payée d’après une estimation faite par desexperts; c’est l’ordonnance de 1669 qui l’avait ainsi ré-glé. Auparavant, ces arbres pouvaient être choisis où bonsemblait; de là des abus, bien faciles à fcomprendre; cesexploitations, faites au hasard, sans soin, sans contrôle,étaient désastreuses pour les forêts, dont elles compromet-taient l’avenir ; puis les bois abattus étaient, souvent, dé-
1. Arbres brisés; do c hall qui, dans la langue celtique, signifiaitrenversement.