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Histoire de la forêt de Fontainebleau / par Paul Domet
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zard, qu’on rencontre fréquemment dans nos sen-tiers.

Autrefois les vipères étaient nombreuses à Fontaine-bleau, et les accidents, fréquents. Sous le premier Empire,le docteur Paulet, médecin du château, forma le projetde détruire celles-ci, en offrant une prime pour chaquetête qu’on lui apporterait. Depuis, son œuvre fut conti-tinuée par son successeur, le docteur Bardout, auquel letrésor de la Couronne remboursa annuellement les avan-ces faites. Une vipère était payée à raison de 30 centimes.Nous avons retrouvé ces comptes, pour 1841,1842, 1843,et la moyenne des têtes contrôlées s’éleva, pendant ce lapsde temps, à huit cents, pour une année. A la Révolution defévrier, la ville se substitua aux anciennes Listes civiles,et une décision du Conseil municipal de Fontainebleau,en date du 5 juillet 1848, attribua à cette dépense uncrédit de 150 francs, renouvelé depuis, chaque année, etporté, bientôt après, à 250 francs.

Chaque vipère est payée 25 centimes; les jeunes, en-core dans le ventre de leur mère, 10 centimes. La sommetotale est rarement épuisée. En 1853, l’administration dela Liste civile impériale accorda aux gardes 50 centiriiespar tête de ces animaux redoutables. La dépense annuelles’éleva, en moyenne, à trois cent cinquante francs, et lenombre des vipères contrôlées, tant par les agents fores-tiers que par la ville, à quinze cents environ ; la dernièrereste seule, maintenant, à continuer cette œuvre, si émi-nemment utile. Un homme du pays, le sieur Barage, afait de la chasse à la vipère une véritable industrie; ilabsorbe, à lui tout seul, la presque totalité du crédit votéparle Conseil municipal; il vend, en outre, un assezgrand nombre de ces reptiles à des pharmaciens; quifont, avec la graisse, un baume thérapeutique, ou bien àdes curieux, qui les emportent vivants ; il est connu sous

Seine-et-Marne; nous ne l’avons jamais vue dans la forêt.