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verts de bruyères, et cinq cents, peuplés de jeunes bois.L’introduction des pins donna un aliment de plus à cesfléaux, qui, dans les massifs d’arbres de cette espèce,prennent un caractère vraiment effrayant. Tant que lefeu se propage par le sol de mousse recouvert d’aiguillesséchées, il ne se révèle que par un nuage de fumée noi-râtre, qui s’avance lentement, en rasant la terre; detemps à antre, une brillante clarté illumine cette sombrevapeur, c’est quelque genévrier qui flambe ; mais si l’in-cendie gagne des peuplements serrés de résineux, laflamme, avivée par les vents furieux qu’enfante toujoursla raréfaction de l’air, dans la contrée environnante,s'élance, tout à coup, en serpentant, jusqu’au sommetdes arbres, s’élève au-dessus de leurs cimes, en tourbil-lons qui projettent au loin une lueur livide, puis elle sepropage bientôt de branche en branche, avec unebruyante crépitation, et une rapidité que rien ne paraîtdevoir ralentir. Et pourtant, quoique l’énorme quantitéd’étrangers qui visitent notre pays, et l’habitude, si ré-pandue, du tabao rendent bien plus fréquents qu’autre-fois de semblables spectacles, les dégâts sont, depuis long-temps déjà, rarement considérables ; il faut en rendregrâce aux nombreuses routes dont la forêt est mainte-nant percée, aux prompts secours que tous les riverainss’empressent de venir prêter aux gardes, dans ces cir-constances, et peut-être, surtout... à la Providence. Lesincendies les plus importants qui aient eu lieu dans cesiècle, sont ceux : des mois d’avril et de juillet 1842, quiparcoururent, le premier, douze hectares de jeunes pins,au Mont-Merle ; le deuxième, quinze hectares bien boi-sés, au Chêne-an-Chapon. Du mois d'août 1858, qui s’é-tendit sur douze hectares, au Rocher-Bouligny ; il fallut,pour l’éteindre, recourir, deux fois dans le même jour,au régiment des chasseurs de la garde, alors en garnisonà Fontainebleau. Enfin, du 5 juin 1870, qui nécessita laprésence du même régiment, de retour parmi nous, et