— 218 —
nombreux pèlerins ne tardèrent pas à prendre l’habitudede venir prier. Quant aux routes de chasse, en une seulefois, par arrêt du Conseil, du 19 décembre 1724, il fut or-donné d’en ouvrir soixante et quelques, et de 1715 à 1731,le nombre de toises faites atteignit cinquante mille; ils’augmenta surtout en 1750, lorsque M. le grand-maîtreDuvaucel circonscrivit par des chemins, comme nousl’avons dit au chapitre premier, tous les cantons de laforêt. On commença aussi, sous Louis XV, à améliorer laviabilité des routes purement forestières ; les pentes lesplus raides furent pavées; des garde-fous furent placésen certains endroits; quelques parties furent faites encailloutis, comme on disait alors, c’est-à-dire, que l’on ré-pandit sur le terrain naturel une couche de pierres cal-caires recouverte de grève; des arbres de haute tigefurent plantés en bordure, à dix-huit ou vingt pieds lesuns des autres. Enfin, c’est également à cette époque quel’on commença à faire des routes spéciales pour l’exploi-tation des carrières, notamment le chemin de la Cave,qui servit à vider les produits du Iloeher-Saint-Germaiii,vers la Seine.
Sous Louis XVI, il ne fut guère créée qu'une seuleroute : celle de la Reine, en 1783, allant de la Croix-d’Augas à la route de Paris. En 1786, les habitants deFontainebleau érigèrent, à la porte de la ville, en l’hon-neur de Marie-Antoinette et de ses enfants, l’Obélisquequi existe encore; il a soixante-quatre pieds de haut, etsur les quatre faces du piédestal furent écrits, en carac-tères de bronze, savoir : au nord ; « A Marie-Antoinetted’Autriche, reine de France et de Navarre. » —A l’ouest;« Marie-Thèrèse de France, Madame, née le XXVIII dé-cembre MUCCLXXVIII. » — Au sud ; « Louis-Joseph,dauphin, né le XXII octobre MDCGLXXXI, — A l’est ;« Louis-Ciiarles, duc de Normandie, né le XXVII marsMDCCLXXXV. »
Les anciens rois ne se contentèrent pas de faire ouvrir