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Histoire de la forêt de Fontainebleau / par Paul Domet
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On ne peut nier, du reste, l’utilité de ces sentiers et lecharme qu’ils apportent aux promenades à pied, dans laforêt ; c’est sans contredit à eux qu’il faut attribuer, pourune bonne part, la vogue croissante dont jouit notre pays ;et M. Denecourt a certainement bien mérité de celui-ci.

Nous ferons, cependant, une seule réserve à ces louan-ges : les défilés, les tunnels, les grottes, les cavernes queforment, en grand nombre, nos masses de grès, si bizar-rement amoncelées, n’ont pas suffi à M. Denecourt ; encertains endroits, il a appelé à son aide la pioche et lemoellon ; il a creusé, il a bâti, et il a ajouté de nouveauxaccidents de terrain, tout artificiels, à ceux dont la dislo-cation des grès a peuplé la forêt ; en un mot, il a corrigéla nature, et à ce jeu, l’homme a toujours le dessous,et reste bien loin du modèle.

Trois voies, d’une nature toute spéciale : deux cheminsde fer et un aqueduc, existent aussi dans la forêt de Fon-tainebleau.

Le chemin de fer de Paris à Lyon par la Bourgogne,ouvert en 1849, y pénètre et en ressort plusieurs fois, etla traversant sur une longueur totale de onze kilomètreset demi, en ôccupe quarante-deux hectares soixante-et-onze ares quatre-vingt-quatorze centiares; quatorzeponts relient, avec la masse de la forêt, les parties quis'en sont trouvées séparées. Le chemin de fer de Paris àLyon, par le Bourbonnais, livré à la circulation à l’au-tomne de 1860, n’a, sur le domaine de Fontainebleau,qu’une longueur de deux kilomètres, recouvre une sur-face de cinq hectares six ares, et peut être franchi aumoyen de six ponts. Tous les deux sont entourés detreillages, ou même, sur certains points, de murs, etbordés, des deux côtés, par des chemins latéraux. Ils nefont, surtout le second, qu’écorner, pour ainsi dire,la fo-rêt, sans pénétrer dans son mifieu.

Il n’en est pas ainsi de l’aqueduc qui apporte aux Pari-siens les eaux de la Vanne : il traverse le domaine de