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Histoire de la forêt de Fontainebleau / par Paul Domet
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l’État du territoire de Moret à celui d’Arbonne, sur unelongueur de seize mille huit cent-sept mètres, occupantvingt-six hectares cinquante-et-un ares cinquante-sixcentiSres. L’eau, enfermée dans un tube en béton agglo-méré, dont le diamètre intéi'ieur est de deux mètres, etles parois de vingt-deux centimètres, suit une penteconstante de un millimètre par mètre ; tantôt elle s’en-fonce à l’intérieur de la terre, soit en tranchées, soit dansdes souterrains, dont le plus remarquable passe sous leIlocher-de-la-Salamandre, à quarante mètres de profon-deur ; tantôt elle rampe sur le sol, à l’aide de remblais ;ou supportée par d’élégantes arcades, elle s’élève dansl’air jusqu’à quinze mètres de hauteur, vers la croix duGrand-Maître ; ces arcades, lorsqu’elles ont à enjamberpar dessus de larges routes, se transforment en pontsd’une grande hardiesse ; il y en a quatre dans la forêt :à la route Ilonde, proche la croix du Grand-Maître, auchemin de Sorques, et aux routes de Bourron et d’Ury;le plus remarquable est le dernier, qui a neuf mètrescinquante centimètres sous arcade, et trente-cinq mètresd’ouverture. Ce travail, commencé en 1868, et interrompupar les désastres de 1870-1871, n’est pas ertcore entière-ment terminé. Les opinions sont partagées sur l’effet queproduit à l’œil ceâ énormes monolithes, symétriquementjetés à travers les vieux arbres et les grès de Fontaine-bleau; pour nous, nous le trouvons plutôt agréable quechoquant ; il ne nous déplaît pas de rencontrer la tracedu génie humain au milieu des belles scènes de la na-ture ; celles-ci y gagnent comme vie, comme animation,comme intérêt, pour le spectateur qui n’est pas attaquéd’une irrémédiable misanthropie.