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Histoire de la forêt de Fontainebleau / par Paul Domet
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le poëte Oppien raconte qu’on empêchait le gibier de pas-ser aux issues qu’on n’avait pu fermer entièrement, ensuspendant aux branches ou à des cordes, soutenues pardes pieux placés de distance en distance, des plumes decouleur vive, que le vent agitait et qui servaient d’épou-vantail.

Les Barbares qui envahirent la Gaule n’avaient pasmoins de goût pour la chasse. Les Francs prenaient lesoiseaux au moyen de lacs ou de trébuchets ; ils connais-saient aussi la chasse du vol, à l’aide de l’épervier ou dufaucon; mais celle qu’ils aimaient le plus était la chasseà courre ; ils avaient des meutes nombreuses, et forçaientmême le lièvre.

Dans ces temps reculés, les lois concernant la chasseétaient fort succinctes : les Gaulois pratiquaient, partout,celle-ci librement. Les Romains, eux, considéraient lesanimaux sauvages comme n’ayant pas de maître, et ap-partenant au premier occupant ; la conséquence de cettemaxime était la faculté, pour chacun, de chasser en touttemps, même sur le fonds d’autrui, sauf le droit, cepen-dant, qu’avait le propriétaire d’interdire, par une clôtureou tout autre signe apparent, le passage sur son domaine.Comme on le voit, vainqueurs et vaincus arrivaient aumême résultat par des voies différentes, et rien ne dutêtre changé aux vieilles habitudes gauloises ; d’ailleurs laforêt de Bière, comme toutes les grandes forêts de laGaule, resta longtemps à l’état de propriété commune(voir au chapitre premier), et tout le monde pouvait ychasser.

Il est probable que lorsqu’elle fut partagée, ses diverspossesseurs ne tardèrent pas, suivant la coutume franque,à prohiber la chasse, chacun sur la partie qui lui appar-tènait. Cependant le droit de suite fut consacré par laseule loi écrite qui ait été faite, relativement au sujet quinous occupe, sous les deux premièi'es races ; la rédactionen remonte à la mort de Clovis, en 511 ; elle défendit,

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