— 288 —
le roi. On conçoit aisément que tous ces veneurs, qui chas-saient par quartier, étaient une superfétation, au moinsinutile; et en 1706, le roi les dispensa de venir faire leurservice, tout en conservant les charges, qui ne furentsupprimées, définitivement, qu’en 1737.
Pendant les dernières années du règne de Louis XIV,la vénerie était dirigée par un capitaine-commandant,qui avait sous ses ordres : deux gentilshommes ou liedte-nants; un écuyer; deux pages; cinq piqueurs; huit valetsde limiers ; dix valets de chiens, tant à pied qu’à cheval.
Louis XV conserva cette organisation, mais il créa laplace de premier veneur, eu faveur du célèbre d’Yau-ville, le plus savant veneur de France.
■ Enfin sous Louis XVI, il n’est plus question de l’écuyer,et un piqueur, ainsi que deux valets de limier sont rem-placés par quatre valets de chiens, et deux surnuméraires.Le service de la vénerie absorbait, alors, trois cent cin-quante mille livres par an. Les officiers jouissaient duprivilège de la noblesse, et avaient droit au titre d’écuyer,seulement pour eux, et tout le temps qu’ils étaient encharge. Une autre prérogative encore, qui s’étendait,celle-là, à tous les hommes faisant partie de l’équipage,consistait à déjeuner aux frais du roi, les jours où celui-ci assistait à la chasse.
Après Louis XI et François I er , Henri IV fut un des roisqui se montrèrent le plus jaloux de la chasse; il l’aimaitpassionnément, et il n’était pas rare de le voir, dans lamême journée, comme en 1607, à Fontainebleau,'voler lemenu gibier le matin, chasser le loup dans le milieu dujour, et forcer un cerf le soir. C’est le premier de nosrois qui ait possédé une meute pour loups; jusque-là, ontuait ceux-ci à l’aide de battues et à coups d’arquebuse.Sous ce règne furent ouvertes, dans la forêt, les pre-mières routes de chasse, afin de permettre à la reine età ses dames de suivre, plus commodément, les veneurs,dans les voitures de luxe, dont l’usage venait de s’intro-