r
— 333 —
les ducs, les aigles mêmes, en quête d'un observatoiredu haut duquel ils pussent guetter quelque victime,étaient bien obligés de se servir, à défaut d’autres, du
perchoir mis à leur disposition, et. le menu gibier
comptait un ennemi de moins. Grâce à tous ces engins,les agents de Fontainebleau avaient à contrôler, bon anmal an, quatre-vingts renards et blaireaux, ceux-ci entrès-petit nombre; cent quatre-vingt-dix fouines, putoiset martres; sept cent vingt chiens errants, chats, beletteset hérissons; trois cent dix buses et émouchets; deuxmille deux cent trente pies, corneilles et geais; quatrecent dix rats et loirs; en tout presque quatre mille ani-maux nuisibles, qui étaient payés près de huit centsfrancs. C’étaient les corneilles qui fournissaient le plusfort contingent; les renards, et surtout les blaireauxavaient fini par diminuer sensiblement depuis 1853; onn’en pouvait dire autant pour les autres bêtes, dont lenombre ne suivait aucune loi régulière. C’était au prin-temps, en mai et juin, que l’on détruisait le plus derenards et d’oiseaux de proie; à l’automne, en septembre,le plus de belettes et de fouines.
Sous le premier Empire, il n’y eut, de la part des rive-rains de la forêt, que peu de plaintes au sujet des dom-mages causés à leurs champs par le gibier; soit que lesidées de l’ancien régime aient eu, encore, une certainepuissance sur les populations, soit, plutôt, qu’il n’.y ait,réellement, pas eu lieu à des réclamations sérieuses; nousavons vu, en effet, combien peu nos bois renfermaientalors de grands fauves, et quant aux sangliers, quiétaient fort nombreux, aucune des administrations qui sesont succédées n’a consenti à se reconnaître responsabledes dégâts de ces animaux de passage. Sous la Restaura-tion, les choses changèrent vite de face, et les tribunaux,bientôt saisis, condamnèrent la Liste civile, malgré sa ré-sistance, à désintéresser les personnes lésées. Les som-mes à payer furent, d’abord, peu considérables : 6,000 fr.