Buch 
Histoire de la forêt de Fontainebleau / par Paul Domet
Entstehung
Seite
346
JPEG-Download
 

- 346

plus long des côtés de cette dernière piste, de manière àavoir une ligne droite de treize cents mètres, pour fairecourir des chevaux de deux ans. En 1871, les réunionshabituelles n’eurent pas lieu ; les officiers allemands oc-cupèrent, seuls, l’hippodrome, où fut célébré, le 17 mars,devant le prince Frédéric-Charles, alors au palais dé Fon-tainebleau, une solennité hippique sur laquelle nous nesaurions donner aucun détail, n’ayant pu, disons-le hau-tement à l’honneur des habitants de la ville, trouver per-sonne qui ait eu la curiosité d’y assister. En 1872, ladeuxième journée de courses fut remise au mois d’oc-tobre.

Dans le canton de la Fosse-à-Rateau, à quinze centsmètres de la barrière de la Fourche, presque sur le bordde la route du Mont-Fessas, le promeneur peut voir, gravéesur une roche qui a été apportée là exprès, cette date :8 mai 1867, surmontant une .croix. Elle rappelle qu’uncrime, qui a eu alors un grand retentissement, a étécommis à cette place ; nous voulons parler de l’assassi-nat de madame Mertens par la femme Frigard. A côté dela roche est un arbre au tronc mutilé ; c’est celui au piedduquel le drame s’est accompli, et dont, pendant plu-sieurs mois, des milliers de touristes ont voulu emporterun petit morceau, en souvenir de leur excursion.

Nous terminerons ces récits historiques par quelquesmots sur les francs-tireurs qui occupèrent la forêt dansle triste hiver de 1870 à 1871 : c’étaient, d’abord, lesfrancs-tireurs de Paris qui, dès le 14 septembre, éta-blirent leur campement dans nos bois ; puis ceux de làNièvre, sous le commandement de M. de Montdésir, moinsindisciplinés, moins mal organisés, moins incapables defaire quelque chose de sérieux que les premiers ; enfindes francs-tireurs amateurs, agissant pour leur proprecompte, sans commission d’aucune autorité militaire,véritables brigands, pour la plupart, plus dangereux pourleurs concitoyens que pour l’ennemi. Les deux premières