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récit écrit en caractères dont la forme accusait le xvn 6siècle, sur la marge d’un vieil exemplaire du Trésor desmerveilles. Nous le donnons ici, sous toutes réserves éga-lement : les jeunes gens se fiançaient en jurant par le Cor-mier, et en buvant ensemble, dans la même tasse, l’eaude ce puits extraordinaire ; cet engagement était considérécomme irrévocable. Une fois aaariés, si les nouveaux épouxn’avaient pas d’enfant au bout d’un an et un jour, il suffi-sait,pour faire cesser cette stérilité, d’accomplir les forma-lités suivantes : après avoir passé les premières heuresde la nuit en prière, le jeune couple, sans avoir parlé à quique ce fut de son dessein, partait de chez lui avant uneheure du matin, et se rendait au puits, par la ligne la plusdirecte, marchant du même pied, les hras entrelacés, lafemme portant sur sa têté une cruche vide, le mari, unecorde de crin; on ne pouvait se reposer qu’une seule foisen route, au dernier mamelon qui dominait le puits, surun petit banc dressé ‘dans une sorte de niche, et où il n’yavait place que pour une seule personne. Arrivé au but desa course, le mari tirait de l’eau, à l’aide du vase attachéà la corde de crin; la femme, replaçant celui-ci sur satête, allait seule le vider dans une auge, située à une assezgrande distance, et qui devait être remplie avant que lespremiers rayons du soleil levant n’eussent frappé unepierre blanche qui formait le point culminant du Mont-Aigu. Le moyen était infaillible, disait-on, et quand, parhasard, il ne réussissait pas, ce ne pouvait être que parl’omission de l’uné des formalités, assez compliquées, quenous venons de décrire.
Nous avons dit que les divers ermitages qui avaient étéélevés dans la forêt attiraient, certains jours, un grandconcours de pèlerins. De ces pratiques de dévotion, il nereste plus guère que le souvenir. Aux réunions pieusesont succédé des fêtes publiques et toutes mondaines ; à laprière, les danses et les jeux. Ainsi, nous avons parlé, auchapitre premier, de l’assemblée du mardi de la Pente-