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Histoire de la forêt de Fontainebleau / par Paul Domet
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de Saint-Vincent-de-Paul. Elle fat envoyée à Fontaine-bleau, à l’hospice du Mont-Pierreux. Nos grès si pitto-resques la charmèrent; ils lui rappelaient les paysagesde la Navarre ; elle employait ses moments de loisir àparcourir, avec une compagne, les cantons voisins; etelle choisissait, le plus fréquemment, pour but de sespromenades, une sorte de niche naturelle, creuséedans une masse de pierre, sur le dessus du Rocher-du-Mont-Ussy. Un soir, on apporta à l’hospice un officierqu'on avait recueilli dans la forêt, grièvement blessé pardes brigands. C’était l’ancien hôte des bords de l’Ebre,celui quelle avait tant aimé, que dans le fond de son •cœur elle aimait toujours. Moins heureuse que la pre-.mière fois, elle ne put l’arracher à la mort, et elle endevint folle, d’une folie inoffensive mais inguérissable.

La pauvre fille, à laquelle on laissait beaucoup de liberté,allait presque chaque jour, jusqu’à ce que Dieu l’eût rap-pelée à lui, s’agenouiller, pendant de longues heures, dansla grotte du Itocher-du-Mont-Ussy, où elle demeurait encontemplation devant une petite croix en platine, cadeaufait, aux temps heureux, à l’officier, et qu’on avaitretrouvée sur lui. Tel est, selon Castelnan, l’origine, unpeu romanesque, du nom de Chaise-à-Marie, ou confes-sionnal de la sœur Marie, donné à une petite excavationqui se trouve sur le bord du chemin menant le plus direc-tement au champ de courses. Nous rapportons l’histoiresous toutes réserves, et en faisant observer que, malgrénos recherches, nous n’avons pu découvrir aucun indicequi vint la confirmer. Deux détails même paraissent secontredire : celui de la croix de platine, métal qui ne futconnu en Europe qu’en 1748, donnée au moment delàguerre de Succession, qui avait lieu près de cinquante ansplus tôt.

Le même auteur est le seul, également, à parler de lavertu mystérieuse que la croyance populaire attribuaità l’eau du puits du Cormier. Il prétend en avoir trouvé le