24 PLANS DE RESTITUTION.
voies de Saint-Denis et de Saint-Martin, dont les chaussées sont maçonnées d’unemanière très-apparente. Le long de ces grandes voies sont placées des aubergeset des hôtelleries pour les voyageurs et les marchands forains. Il y a peu d’annéesencore, avant l’établissement des gares de chemins de fer, qui pénètrent aujour-d’hui dans la zone intérieure de la Ville, on voyait se prolonger ces voies bordéesde murs de construction rurale , de guinguettes et de quelques grandes construc-tions à usage d’auberges et d’entrepôts, laissant derrière elles de grands espacescultivés; puis, à mesure qu’on se rapprochait du mur d’octroi, on voyait desterrains occupés par des magasins ou des dépôts de bois de chauffage et de cons-truction , de fourrage et de toute espèce d’approvisionnements. Il en était absolu-ment de même, à l’époque de Charles V et de Charles VI , pour les parties avoi-sinant l’enceinte, et qui seraient comprises aujourd’hui dans ce qu’on appelle lesgrands faubourgs, au delà des boulevards intérieurs.
Cours d’eaude la rive droite.
On remarque, dans cette partie septentrionale des faubourgs de Paris , uncours d’eau se divisant en rigoles d’arrosement pour les jardins et les marais :c’est le grand égout qui recevait, en même temps que les déjections des quartiersdu Temple, Saint-Martin, etc. les eaux des sources des collines qui bordent etencadrent Paris au nord-est. Cet égout, qui fut d’abord une cause de fertilité,devint, par suite du peuplement excessif des quartiers qu’il desservait, un foyerd’infection ; il fut donc couvert et dévoyé ; mais la nappe d’eau de source a continuéet continue toujours de couler au-dessous; elle alimente tous les puits des habita-tions situées sur son parcours h).
Sur la rive droite, nous ferons remarquer, à titre d’observation générale, queles constructions couvrant cette plaine, en partie marécageuse , présentent unaspect relativement moderne, comparées à celles de la rive gauche. C’est que, eneffet, elles ont pris la forme d’habitations urbaines, bien longtemps après le peu-plement de la Cité et de la montagne Sainte-Geneviève, transformées plusieursfois, et déjà vieilles. Les agrandissements de Paris se sont dirigés toujours vers lenord, côté consacré exclusivement, on peut le dire, au commerce et à l’industrie.
Rive gauche.
Sur la rive gauche, les accroissements sont moins importants. Après Philippe—
01 On l’a retrouvée tout dernièrement, et fort pour étanclier cette source h l’endroit des fondations
abondante, dans les terrains du Passage-Sandrié, de l’édifice. On vient de la rencontrer aussi dans la
sur l’emplacement du nouvel Opéra. De grands rue Louis-le-Grand, où l’épuisement a été plus
travaux et de grandes dépenses ont été nécessaires difficile.