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Auguste, les successeurs de ce prince ne font qu’entretenir et maintenir sonenceinte. Les dépendances de Saint-Victor demeurent stationnaires; le faubourgSaint-Marcel est rempli de maisons de plaisance, bâties sur les bords, alors riants,de la Bièvre; il n’a point encore été consacré à l’industrie de la mégisserie et desvieux chiffons. Sur la hauteur, le faubourg Saint-Jacques est plutôt diminuéqu’agrandi ; il se compose seulement d’une double rangée de maisons de roulierset de marchands de vin, ou de guinguettes, à côté et derrière lesquelles s’étendentles bâtiments et les terres de Saint-Jacques-du-Haut-Pas, des Chartreux, de Notre-Dame-des-Champs; au delà sont des carrières. Puis, de la Seine aux Chartreux,s’étend le bourg Saint-Germain-des-Prés , qui grandit constamment depuis laconstruction de l’enceinte de Philippe-Auguste, grâce à certaines immunités etprivilèges dont les moines faisaient jouir les artisans et les marchands. Cetagrandissement aurait été peut-être plus considérable, si les excès des étudiantsde TUniversité n’avaient écarté les artisans adonnés aux métiers de luxe, quiredoutaient le pillage et les vols. Le long du fleuve et jusqu’à la moderne ruedu Bac, s’étendait le Pré-aux-Clercs, qui poussait même une pointe jusqu’à l’em-placement du Palais-Bourbon , en suivant la direction de la rue de l’Université.Cet espace, et surtout le petit Pré-aux-Clercs, tout voisin de l’Abbaye, était bordéde guinguettes et de maisons suspectes. C’est bien plus tard que l’on commençaà bâtir des rues sur ces terrains; on n’y voyait d’abord que des chemins bordés delongs murs de clôture entourant des jardins, des champs, des vignes, dans lesquelss’élevaient quelques maisons de cultivateurs ou logis de plaisance. De ce côté, ily avait beaucoup moins de culture maraîchère que sur la rive droite, parce quela nature du terrain ne s’y prêtait pas.
L’échelle très-réduite de notre plan W ne permet d’apprécier que l’effet d’en-semble; mais il pourra se rencontrer une occasion de publier une portion dequartier dans une dimension plus développée, avec des détails absolument indis-pensables à la complète intelligence du plan parcellaire dressé avec tant de soinset d’exactitude par feu M. A. Berty. Nous nous sommes servi avec fruit de cet
(>) Nous avons choisi l’échelle de 11 milli-mètres pour 100 mètres, afin de pouvoir reunir,dans le cadre que nous imposait le format du livre,toutes les parties importantes du vieux Paris , ety comprendre, en outre, les lieux intéressants desenvirons immédiats, qui sont aujoui'd hui renfermés
dans l’enceinte des fortifications. Cette dimensionnous a para suffisante pour satisfaire raisonnable-ment aux exigences du programme que nous nousétions tracé, sans nous exposer à perdre des détailsnécessaires ou à détailler hypothétiquement desparties peu connues.
Échelle et détailsde ce plan.
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