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PLANS DE RESTITUTION.
par des dons volontaires et pieux. On sait, d’autre part, comment les Ordres mili-taires parvinrent, en peu de temps, à une prospérité matérielle telle, que lesrois et les papes eux-mêmes se crurent obligés de les briser. Il suit de là que lesmonastères affermaient leurs terres, ou les cédaient, à longs termes, soit à desfermiers, soit à des colons et métayers dont ils étaient sûrs. La règle la plus géné-rale était celle des baux à vie, dont les conditions ne changeaient que par la mortdu fermier; mais on sait que, bien souvent, ils étaient continués à la veuve ou auxenfants. Il en résultait, pour l’abbaye ou l’établissement, une régularité de reve-nus qui n’était troublée que par les ravages de la guerre, auxquels échappaienthabituellement les biens d’église, ou par des remises qui étaient toujours accor-dées, soit en temps de disette, soit en temps de mortalité. Il ne faut pas oublierque l’impôt, à cette époque, quelle qu’en fût la cause, et sauf la capitation, nese percevait qu’en nature, et que le propriétaire ne récoltait que si le fermieravait récolté. Cette méthode, qui présente aujourd’hui de nombreux inconvé-nients, prévenait alors bien des difficultés, et ne laissait d’aléatoire, dans les reve-nus, que ce qu’il plaisait à la Providence d’en décider.
C’est, au reste, pour le dire en passant, ce qui, dès la fin du xiv e siècle etdurant le cours des siècles suivants, amena la construction des quartiers élevéspar les grands monastères pour y recevoir et y loger les ouvriers forains; c’est cequi explique, sur notre plan, ces îlots de maisons qui avoisinent les monastères,étendant leurs rameaux vers les portes et vers la campagne. Au moment de laconstruction de l’enceinte de Charles V , époque choisie pour établir ce plan, leschangements que cette clôture doit opérer dans les rapports de la Ville, ferméeseulement par l’enceinte de Philippe-Auguste, avec les faubourgs coupés par lanouvelle enceinte, n’ont pas encore eu lieu, mais ils ne tarderont pas à se pro-duire; les baux continuent, et, d’ailleurs, ces terrains à l’état de marais, très-productifs en légumes, et à proximité du marché de Paris , n’offraient pas tou-jours un grand avantage à être bâtis.
Observations de détail. On peut constater ainsi, par cette exactitude spéciale, une foule de points quitrouveraient leur explication dans des considérations historiques étrangères ànotre sujetW. Nous avons placé, par exemple, la Planche-Mibrav au lieu du pont
(l ' A propos de ce qui vient d’être dit sur les limites hypothétiques des parcelles principales
espaces non bâtis et conservés en nature de ma- figurées dans ce plan; elles sont, en général, la
rais et de jardins potagers, le lecteur remarquera représentation de la nature de culture qui dominait
que nous n’avons pas tracé arbitrairement les au lieu indiqué, telle que bois, champs, escarpe-