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[Première partie.]
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PRÉLIMINAIRE. 39

M. de Sacy, dans une lettre que contient le tome V du Magazin Ency-clopédique , témoigne que M. Grotesend, dont il vient d’être fait mention ,est de tous les interprètes des inscriptio is en lettres cunéiformes, celui qui ensaisit mieux le sens, et les explique de la manière la plus probable. M. Gro-tesend dit donc que toute l’écriture cunéiforme, de laquelle il avoit cru devoirdistinguer quatre sortes différentes, n’est au fond que la même dont il donneles éléinens dans le tome V des Mines de l’Orient. Il ajoute qu’elle vintoriginairement des Mèdes, aux Chaldéens et*aux Perses, et que les inscriptionsbabyloniennes ne sont ni historiques, ni astronomiques. Cependant, son inter-prétation d’un de ses fragments parle de quelques rois de Perse : enfin, dansun des mémoires du sixième volume des Mines de l’Orient, il confirme quel’écriture trouvée à Persépolis répond à celle qu’on a tirée des murs de Babylone,et que l’une et l’autre qu’il avoit d'abord distinguée en plusieurs espèces , nesont qu’une seule et même manière d’écrire, d’après les derniers échantillonsque M. Bellino lui en a envoyés de Bagdad.

Voilà donc , avec les observations astronomiques que nous lisons dansPtolémée, tout ce qui nous reste de Babylone : des pierres informes, et des écrituresinintelligibles. Mais au défaut des inonumens entiers que la terre nous refuse ,le ciel nous en offre de certains, dans les observations que Ptolémée nous a con-servées des astronomes de cette ville fameuse, autrefois la terreur et l’admirationde l’Orient, et devenue aujourd’hui le repaire des animaux immondes qui en ontchassé les hommes. Accomplissement terrible*du sort affreux qui lui fut prédittant de siècles avant l’événement, par le ministre de l’Eternel !

« Celte Babylone si superbe, qui inspirait tant d’orgueil aux Chaldéens, sera détruite.» Elle ne sera plus habitée , elle ne se rebâtira point dans la suite de tous les siècles ; les» Arabes n’y dresseront pas même leurs tentes, et les Pasteurs n y feront pas reposer leursr> troupeaux , mais elle sera le repaire des bêtes sauvages. Ses maisons seront remplies d’oi—» seaux funestes ; des monstres horribles y viendront habiter: les hiboux y hurleront à l’envin l un de Vautre , etsespalais deviendront le séjour infect des reptiles venimeux . » Isaïe, XIII, 19.

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