2 8 DISCOURS
expliquer, prêtre ou autre, ne put y rien comprendre , et ne savoit pas mêmeles lire; pour me borner à celle de ces écritures antiques, qu’on a trouvée dansles ruines de Babylone, je vais rapporter ce qu’en dit M. Rich, dans son secondmémoire. « Les plus intéressantes de ses antiques, sont les sassaniennes et lesbabyloniennes , c’est de ces dernières seulement que je me propose de parler.La plupart offrent des échantillons du système curieux et primitif de la plusancienne écriture , qu’on ne retrouve plus que dans les monumens de Babylone ,et dans ceux de la Perse, qui se rapportent aux premiers temps de son histoire.
Cette écriture cunéiforme est donc la plus ancienne que nous connoissions ;il est difficile de dire en quel pays elle a été inventée. Mais l’usage en étoit communaux Mêdes, aux Perses, aux Assyriens, et M. le professeur Heeren observe avecraison que ce fut aussi l’écriture d’Hérodote, et celle que Darius, fils d’Hys-taspe , fit graver sur les piliers qu’on éleva par son ordre sur les bords du Bos-phore. Les inscriptions déchiffrées par M. Grotesend, sont des temps de Cyrus,de Darius fils d’Hystaspe, et de Xerxès. Malgré son obscurité , il seroit aisé dedire en quel temps celte écriture a commencé à tomber en désuétude. Ce futlors de la conquête de cette contrée par Alexandre , dès que les Perses et lesBabyloniens n’eurent plus, comme nations indépendantes, d’événemens à fairepasser à la postérité. La forme pyramidale de ses lettres montre évidemmentqu’elle n’a dû être employée, comme les caractères sacrés ou hiéroglyphiques desEgyptiens, qu’à des inscriptions sur des pierres ou autres substances dures, etl’on a dû probablement avoir une autre sorte de caractère d’écriture plus usuelleet plus approchant du caractère Zend d’Anquetil-du-Perron, pour les chosesordinaires de la vie ».
On doit croire que cette autre écriture présumée des Babyloniens , ressembloitplutôt ou du moins en partie, aux caractères hébraïques rapportés de Baby-lone par les Juifs, apres leur captivité, pendant laquelle ils oublièrent leurancienne écriture , restée en usage chez les Samaritains. Fazelli (i) rapporte uneinscription gravée sur un marbre près de cette ville. Il la dit chaldéerme. Mais sescaractères ressemblent peu à ceux d’un alphabet chaldaxque de Fante, donnépar Poinsinet , à la fin de ses recherches sur les médailles , et aux carac-tères samaritains d’une médaille juive qu’on voit dans le troisième volume de l’Aca-démie des Inscriptions , et qui sont les premières lettres phéniciennes ou puniques,et syriennes, d’où sont venues, avec bien des variations, celles des Grecs , et parsuite celles des Latins et les nôtres. Mais elles ne ressemblent nullement à l’écriturecunéiforme des briques de Babylone et des monumens de Persépolis. Le monu-ment de Palerme n’est point ancien , parce que les Babyloniens n’étant pointmarins, non plus que les autres Lhaldéens, n’allèrent jamais à Palerme.
(i) De rcb. sicul. T. i, et délia citta di Palermo,