Band 
[Première partie.]
Seite
213
JPEG-Download
 

SUR L’ÈRE PERSIQUE. 2 i 3

qui donneroit un jour de moins qu’il ne faut en 3487 ans. On voit donc quedéjà sous ce rapport, la réforme grégorienne qui ne s’écarte du ciel , que d’unseul jour en 36oo ans , est préférable à la correction Dchélaléenne, indépen-damment même de la plus grande simplicité de la notre. Je ne puis donc partagerl’admiration de Gatterer pour l’année dschélaléenne (1). « C’est, dit - il, lameilleure de toutes les années solaires civiles qui aient jamais été instituées. A lavérité, elle est, astronomiquement parlant, plus longue de quelques secondes ,que l’année tropique déterminée comme elle l’est aujourd’hui, mais civilementelle n’est nullement fautive. Elle diffère infiniment de l’année grégorienne dansla méthode d’intercalation, car on n’y ajoute pas comme chez nous un jourcomplémentaire à chaque quatrième année $ mais après qu’on a pratiqué cetteintercalation six ou sept fois à chaque quatrième année, on la transporte uneseule fois à la cinquième ; par-là , le neurus reste constamment à l’équinoxe duprintemps, auquel fut originairement fixé le commencement de cette annéesolaire. O chose admirable ! une année solaire plus parfaite que celle de GrégoireXIII, se trouve introduite et mise en usage au milieu de l’Asie, dans l’empiredes Turcs Seljoucides, un demi siècle avant ce Pontife ! »

. Tout le monde voit, sans que j’aie besoin d’en avertir, quand on a réfléchi surl’essentiel d’une bonne ère civile , combien la méthode dschélaléenne mérite peucet éloge outré. Elle est en effet si embarrassée, et si difficile à exécuter surune série d’années antérieures et postérieures , qu’on lui préféreroit certainementle calcul astronomique du commencement de chaque annee j et si cela avoitlieu, on auroit une manière de supputation du temps, qui s’accorderoitparfaitement avec la forme d’année qui a duré aussi peu que celle qu’avoitadoptée l’éphémère république française , et qui n’en différeroit qu’en ce qu’ellecommenceroit en Perse avec le printemps, tandis qu’en France on la commençoità l’équinoxe d’automne.

Ulug-Beig nous fournit pour un pareil calcul, un moyen qui mérite d’ètreexpliqué. Il prend pour la longueur moyenne d’une révolution solaire, et parconséquent pour la durée de l’année dschélaléenne , 365 jours , 14’, 55 % 7% 3 a 4 departies sexagésimales, c’est-à-dire, 365 jours, 5 heures 49' et i 5 " environ j et (2)là-dessus il dresse la table suivante des jours et parties de jours contenus dansdes années dschélaleennes entières.

(1) Abriss der chronologie.

(2) J’ai réduit les parties sexagésimales eu fractions décimales courantes, dont les trois premierschiffres suffisent dans la matière dont il s’agit ici.