y
son nom, c’est son traité d’astronomie, auquel il a donné le nom de com-position mathématique.
« La composition mathématique de Ptolémée (dit M. Delambre, dans sonrapport au ministère de Pintérieur, sur la présente traduction française de cetouvrage) plus connue sous le nom d , Almageste > est sans contredit un desplus beaux monuments qui nous soient restés de la science chez les Grecs. Ilest unique pour ce qui concerne 1 astronomie. Outre les méthodes très—curieusesdes anciens astronomes, cet ouvrage nous a transmis le petit nombre d’obser-vations anciennes qui sont parvenus à notre connoissance, avec des tables dusoleil, de la lune et des planètes, qui sont le résultat d’un nombre bien plusconsidérable d’observations entièrement perdues.
» Ainsi, avec des théories ingénieuses, quoiqu’imparfaites, cet ouvrage nousa conservé des faits que rien ne peut remplacer et qu’on chercherait vaine-ment ailleurs. Ce traité d’astronomie est original et trop peu connu. Nous enavons à la vérité deux traductions latines , mais insuffisantes. La première aété faite sur une version arabe ; les tournures et même les locutions arabesy sont à chaque page mêlées avec les expressions latines , et font le tout leplus barbare et le plus inintelligible dont on puisse se faire une idée. La se-conde , moins rebutante , est pourtant bien imparfaite encore et pleine defautes, ensorte que pour l’entendre on est bien souvent contraint de recourir
à l’original.
» L’édition grecque elle-même n’est pas trop correcte. Imprimée à Bâle, surun manuscrit unique, elle offre nécessairement toutes les fautes du manuscritavec celles que l’imprimeur y a ajoutées. Les héllénistes n’ont donné aucuneattention à cet ouvrage , et ne l’ont jamais fait réimprimer , parce que pourl’entendre, le publier et le corriger, une connoissance approfondie de la languene suffisait pas, mais qu’il fallait y joindre celle de l’astronomie; et l’intelligencedes méthodes modernes n’offrant que des secours trop bornés, il fallait encorese familiariser avec les méthodes anciennes, avec l’arithmétique, les calculs etla trigonométrie des Grecs. Ainsi, nul doute qu’une traduction fidèle de l’Al-mageste ne soit une des entreprises les plus difficiles, les plus curieuses et lesplus utiles pour l’histoire de l’astronomie , et les plus dignes d’être encouragées.
» M. le comte Delagrange en étoit si persuadé, qu’il m’a fait plus d’une foisl’honneur de me désigner pour ce travail, et que plus d’une fois il m’a encou-ragé à l’entreprendre. D’autres occupations plus urgentes m en ont ote le loisir.Mais j’avais étudié l’ouvrage ; tout mon exemplaire grec est charge de notes,de vérifications et de formules qui représentent les théories de Ptolemée clansun langage qui nous est plus familier.
« M. Halma s’est chargé de cette traduction; il m’a confié son manuscrit;je l’ai confronté d’un bout à l’autre, et sans en excepter une ligne, avec le