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[Première partie.]
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DISCOURS PRÉLIMINAIRE. * v

empereurs envoyoient pour gouverner les provinces, que par rapport à l’inspection queCyrille vouloit exercer sur les actions du gouverneur. Oreste fit donc saisir et châtierHiérax. Cyrille l’ayant appris, fit venir les principaux des Juifs, et les menaça de lesfaire punir, s’ils ne cessoient d’exciter des troubles contre les chrétiens. La populacejuive instruite de ces menaces , n’en fut que plus ardente a chercher tous les moyensde perdre les chrétiens. Je n’en rapporterai qu’un, le plus grave de tous, et qui les fitchasser d’Alexandrie. Ils convinrent de porter chacun un anneau d’écorce de rejettonde palmier pour se reconnoître, et d’attaquer les chrétiens pendant une nuit. Cette nuitvenue, ils envoient des hommes qu’ils avoient apostés à cet effet, crier dans toutes lesrues delà ville, que l’église qui portoit le nom d’Alexandre, étoit en feu. A ce bruitles chrétiens accourent de toutes parts pour éteindre l’incendie et sauver l’église. Alorsles Juifs se jettent sur eux, ils en font un carnage affreux, n’épargnent que les leurs quiportoient l’anneau convenu, et ils coupent la tête à tous les chrétiens qu’ils ont égorgés.Le jour suivant, on reconnut sans peine les auteurs de ce crime. Cyrille indigné mar-cha à la tête d’une troupe de chrétiens vers les synagogues des Juifs, car c’est ainsiqu’on nomme les lieux où ils prient; il les leur prit, les bannit de la ville, et permitau peuple de piller leurs biens. Les Juifs donc établis dans cette ville depuis Alexandre-le-grand, forcés de la quitter, nuds et sans secours, se dispersèrent de côté et d’autre.Ada Mantinus l’un d’entr’eux, médecin de profession, alla à Constantinople où il seréfugia chez, l’évêque Atticus; ensuite ayant embrassé la religion chrétienne, il revint àAlexandrie où il se fixa. Pendant ce temps-là, le gouverneur Oreste irrité de voir laville privée d’un si grand nombre de ses lrabitans, en fit son rapport à l’empereur, à quide son côté Cyrille écrivit les. crimes dont les Juifs s’étoient rendus coupables. La pro-tection de Pulchérie, sœur de ce prince, soutintl’évêque contrela cabaled’Oreste, en mêmetemps qu’ilenvoyoit à Oreste despersonnes chargées de ménageruneréconciliationentr’eux,carie peuple d’Alexandrie l’avoit engagé à cette démarche ; mais Oreste repoussa ces avan-ces. Alors Cyrille alla lui présenter le livre des évangiles, espérant que par respect pour celivre sacré, Oreste céderoit à ses instances; mais Oreste ne se laissa pas fléchir même par cemoyen,et une guerre déclarée entr’eux continuant de les diviser, voici ce qui en arriva:

« Quelques-uns des moines qui vivoient dans les montagnes de Nitrie, poussés duzèJeardent que Théophile leur avoit inspiré, quand il les arma injustement contre Dios-core, résolurent de défendre courageusement la cause de Cyrille. Ils sortirent au nombrede cinq cents, de leur monastère, et entrés dans la ville, dont ils s’emparent, ils aper-çoivent le gouverneur dans sa voiture; ils s’approchent de lui, ils le traitent de grec et desacrificateur des idoles, et le chargent d’outrages. Le gouverneur soupçonnant que c’é-toit Cyrille qui les avoit ameutés contre lui, leur cria qu’il étoit chrétien, et qu’il avoit étébaptisé à Constantinople par l’évêque Atticus; mais ces hommes grossiers ne voulant pasl’écouter, l’un d’entr’eux nommé Ammonius lui lança à la tete une pierre qui le blessa etle couvrit de sang. Ses gardes s’enfuirent, à l’exception de quelques-uns, et se cachèrent